Conseil municipal du 17 novembre 2020 (4e partie) : Des refus politiciens ?

Je termine le compte-rendu de cette séance avec la présentation de deux motions que notre groupe avait déposées préalablement auprès du maire et adressées à l’ensemble des conseillers municipaux.

Dans les deux cas, sur deux sujets différents, sans qu’aucun des textes n’évoque la gestion municipale, Sophie Rigault nous a opposé un refus très méprisant.

La première motion s’intitulait "pour l’égalité républicaine des quartiers populaires". En voici le texte intégral.

Trois ans après, jour pour jour, où Emmanuel Macron prononçait son discours de Tourcoing appelant à une "mobilisation nationale pour les villes et les quartiers", une centaine d’élue-s de toutes sensibilités politiques ont publié ce 14 novembre 2020 une "Lettre ouverte au Président de la République pour l’égalité républicaine des quartiers prioritaires" (annexe jointe).

Le constat est sans appel : "En dépit des alertes, les villes et quartiers populaires restent un angle mort du plan de relance : aucune mesure ambitieuse n’a été prise pour répondre à la détresse sociale et économique qui frappe nos communes", et qui s’aggrave au fur et à mesure que la situation sanitaire reste préoccupante. À l’heure où nos villes sont sous pression, où nos habitants se précarisent, où nos associations s’éteignent, où les idéologies mortifères se développent, où les difficultés débordent, cette lettre ouverte au Président de la République propose de sanctuariser 1% des 100 milliards d’euros du Plan de relance pour les territoires en décrochage.

Cette participation à la solidarité nationale permettrait d’abonder divers fonds d’urgence pour les associations, la détresse sociale, la grandes pauvreté, l’aide alimentaire, les maisons médicales et centres de santé…et de prendre diverses mesures immédiatement opérationnelles décrites dans la lettre ouverte.

VU la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine,

VU le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la Politique de la ville, (pour Saint-Michel sur Orge la résidence Boieldieu – Bizet),

VU les dispositions requalifiant l’ancienne Zone Sensible Urbaine du Bois des Roches en veille active et en territoire vécu, dans la cadre de la Politique de la Ville.

CONSIDÉRANT les différentes crises sanitaires, écologiques, sociales et économiques qui frappent l’ensemble de nos territoires,

CONSIDÉRANT qu’il faut agir et faire ensemble le pari d’une nouvelle confiance dans nos territoires pour faire gagner la République,

Après en avoir délibéré,

Le Conseil municipal de Saint-Michel sur Orge s’inscrit dans cette démarche d’interpellation et de propositions et apporte sa signature à la "Lettre ouverte au Président de la République pour l’égalité républicaine de nos quartiers populaires".

Pour compléter votre information, vous trouverez ICI le lien avec l’article du journal Le Parisien, présentant cette initiative.

Suite à la brève présentation de la motion, le maire nous annonce qu'elle a elle-même signée cette lettre. Soulagement et satisfaction, semble-t-il unanime, au sein de l'assemblée, puisque nous sommes enfin d'accord sur des constats et des propositions. Mais nous droit alors à une intervention de Muriel Mosnat, maire adjointe à l’habitat, qui se lance dans un long développement du dispositif "Action Cœur de Ville" pour la rénovation urbaine du Bois des Roches. Puis de nouveau, Sophie Rigault reprend l’ensemble des actions et des dispositifs dans le domaine de la politique de la ville, en passant par l’éducation, le cadre de vie, la police municipale et la vidéosurveillance… pour conclure qu’elle refuse de mettre au vote la motion. Ainsi donc, la majorité du Conseil municipal n'a pas souhaité appuyer la signature et la démarche engagée par... son maire. Consternant !

La seconde motion portait sur la création d’un Data Center sur le site de l’ex-base aérienne de Brétigny-sur-Orge. En voici le texte intégral.

La société Amazon France a déposé en octobre dernier auprès des services de l’État un dossier d’Installation Classée pour la Protection de l’Environnement pour la création d’un centre d’hébergement des données informatiques (Data Center) sur le site de l’ex Base aérienne de Brétigny-sur-Orge.

Considérant que le lancement de cette procédure prévoit la réalisation d’un projet bien différent de celui qui avait été annoncé par Amazon en 2016/2017,

Considérant qu’Amazon a renoncé à son engagement sur la création de plusieurs centaines d’emplois locaux supplémentaires après son implantation sur le site,

Considérant que Cœur d’Essonne Agglomération s’attache à promouvoir et mettre en œuvre des aménagements diversifiés, pour lesquels la préservation de l’équilibre entre création d’emplois locaux et engagement éco-responsable du territoire est essentielle,

Considérant que le projet Data Center soulève d’importantes problématiques environnementales avec en particulier des consommations importantes en électricité et en eau,

Considérant que la nature des données informatiques hébergées dans ce type de centre suscite des interrogations sur l’utilisation et le traitement de ces données,

Considérant que des incertitudes demeurent sur les recettes fiscales liées à ce type de projet, avec en particulier le recours à des « optimisations fiscales » au détriment des collectivités locales,

Après en avoir délibéré,

Le Conseil municipal de Saint-Michel sur Orge demande au Préfet de l’Essonne de rejeter la demande d’Installation Classée pour la Protection de l’Environnement pour la création d’un centre d’hébergement des données informatiques (Data Center) sur le site de l’ex Base aérienne de Brétigny-sur-Orge.

Dit que la motion sera adressée

- à Monsieur Éric Jalon, préfet de l’Essonne,

- à Monsieur Ronan Bole, président d’Amazon France,

- à Monsieur Éric Braive, président de Cœur d’Essonne Agglomération.

Vous trouverez ICI pour compléter votre information, le lien avec l’article de presse sur ce dossier.

Après la présentation de la motion, Sophie Rigault a d’abord dénoncé les mensonges publiés sur les réseaux sociaux, sans que l’on sache précisément de quoi elle parlait et qui étaient les menteurs. Puis, elle nous indiqué qu’elle était elle aussi signataire avec ses collègues maires (UDI) de Brétigny et de Morsang d’un courrier au Directeur Général d’Amazon France, dans lequel elle évoque notamment des questions liées à l’environnement, au traitement des données et à la fiscalité. Alors que visiblement nos préoccupations semblent convergentes, et après lui avoir précisé que le texte de notre motion était bien sur amendable, elle annonce qu’il n’y aura pas de vote sur cette motion et que la séance du Conseil municipal est levée. Frustrant, non ?

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