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Les incivilités ne sont pas une fatalité !


« La ville de Saint-Michel se dégrade, c’est de plus en plus sale ! » J’entends de plus en plus régulièrement cette réflexion lors de mes discussions et mes rencontres avec les Saint-Michellois. Laisser traîner négligemment des papiers dans la rue, jeter sauvagement des déchets à côté des conteneurs, ne pas ramasser les déjections de son chien, garer son véhicule sur une place réservée aux personnes handicapées ou sur un trottoir, tordre un grillage, taguer un mur, trafiquer son pot d’échappement, squatter un banc ou une cage d’escalier, frauder dans les transports en commun… Les exemples sont nombreux au quotidien de ces petites choses qui créent des tensions et détériore notre vie en commun dans les espaces publics. Derrière toutes ces incivilités se cache un profond mépris pour autrui et le refus de prendre en compte les règles les plus simples de la vie en société. Les incivilités détruisent notre cadre de vie, coûtent cher aux contribuables, dégradent les finances publiques, révèlent une société malade.

Même si la municipalité de Saint-Michel-sur-Orge ne peut pas tout résoudre, tant ces questions dépassent largement son champ d’action, je regrette à la fois l’esquive et la passivité dont elle fait preuve. Le maire préfère ostensiblement regarder ailleurs en mettant en scène que ce qui brille et en surjouant les moments de convivialité que fort heureusement nous connaissons aussi dans notre ville. Et puis lorsque les mécontentements finissent par arriver aux oreilles de la municipalité, l’argumentation trop souvent développée tourne autour d’une évolution de la société et d’un individualisme présenté comme une fatalité.

Je suis convaincu du contraire. Si les incivilités augmentent, c’est d’abord parce que les mesures prises (à tous les niveaux) pour les combattre sont très souvent insuffisantes. Toutes les incivilités ne sont pas de même nature. Certaines sont commises par négligence ou par ignorance, sans intention de nuire. Elles relèvent de l’impolitesse. Il n’est pas poli de ne pas céder sa place dans le bus à une personne âgée, mais ce n’est pas répréhensible. D’autres méfaits, comme la profération d’insultes, le tapage nocturne ou l’occupation illicite d’un hall d’immeuble rentrent dans la catégorie des infractions pénales. Le lien entre incivilités et insécurité existe, mais il n’est pas systématique. Les incivilités traduisent la détérioration du lien social, mais aussi la montée d’un consumérisme de l’espace public qui fait fi de la responsabilité individuelle dans la cité. Nous vivons une crise profonde de la citoyenneté. De plus en plus de gens ne se sentent plus liés par les règles et usages communs qui permettent de vivre ensemble en société. La lutte contre les incivilités doit être mener à tous les niveaux, de la commune à l’Etat, car c’est un enjeu majeur pour notre démocratie. Il n’y a pas de liberté sans responsabilité.

Chacun peut constater la portée limitée des campagnes de sensibilisation. La lutte contre les incivilités ne constitue pas aujourd’hui la priorité des institutions judiciaires complètement débordées ou d’un pouvoir politique obnubilé par la réussite individuelle au détriment de la responsabilité collective. Chacun sait hélas que bien souvent la sanction prévue ne soit jamais appliquée, provoquant un sentiment d’impunité. Il convient aussi d’appréhender frontalement la dimension sociale des incivilités. Ce n’est pas la peur de la sanction qui doit motiver le respect des règles, mais le sentiment que ces règles sont les nôtres, qu’elles font sens commun et qu’elles sont indispensables pour nous permettent de vivre en harmonie. Nous avons un besoin urgent d’une politique volontariste de civisme. Au niveau municipal, plutôt que de rechercher des compromis boiteux, nous devons agir à la fois à travers des sanction fortes, assumées et expliquées et la remise en état très rapide des lieux dégradés pour alimenter un cercle vertueux de respect des espaces publics embellis et développer les lieux de rencontre. Ceci sans oublier de développer la prévention et de contribuer à promouvoir l’engagement civique à tous les âges ! De même le renforcement d’une éducation artistique et culturelle dans nos écoles constitue un catalyseur de sentiment commun d’appartenance à la collectivité. L’Etat doit prendre sa part du combat en donnant des directives claires aux forces de l’ordre et en remettant la vertu civique au cœur du contrat social. Cela commence bien sûr par celle des gouvernants. Le renouveau civique exige d’abord l’honnêteté des dirigeants et le respect de la parole publique. C’est à cette unique condition que l’on pourra restaurer la confiance des Français et leur foi en un destin collectif commun.

 

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