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L’information municipale manipulée !

 

Le bulletin municipal mensuel de la ville de Saint-Michel-sur-Orge est payé par l’argent de tous les contribuables. Au-delà de l’éditorial du maire et des tribunes libres des différents groupes politiques qui siègent au Conseil municipal « dont les propos n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs », on pourrait s’attendre à ce que les autres articles contiennent des informations objectives et complètes au service de l’intérêt général. Ce n’est malheureusement pas le cas. Déjà dans le numéro 471 / avril 2018, j’avais pointé beaucoup d’oublis et d’imprécisions, notamment à travers les deux articles concernant le démarrage des travaux de construction des 108 logements devant l’Hôtel de Ville (lire ICI) et la vente à un bailleur social de près de 600 logements au Bois des Roches (lire LA). Dans le numéro 472 daté du mois de mai 2018, deux articles méritent un décryptage.

Pages 10 et 11 : « Un an de GUSP : un premier bilan et des projet »

Même si l’encadré dans la page précédente dévoile ce qui se cache derrière l’acronyme GUSP (Gestion Urbaine et Sociale de Proximité) et précise qu’il s’agit d’un « dispositif de coordination de la politique de la ville destiné à améliorer le cadre de vie des habitants du Bois des Roches… qui permet de mobiliser, autour de la ville, l’ensemble des intervenants présents dans le quartier : habitants, bailleurs, syndics, agglo, etc »,», à aucun moment dans l’article n’est précisé comment fonctionne et qui compose cette GUSP. Pourtant la GUSP fait l’objet d’une convention qui précise les modalités de pilotage et de gouvernance, en insistant sur la concertation et la co-construction avec les habitants et les usagers. En tout cas, à ma connaissance, aucun habitant du quartier n’a été sollicité. Le seul lieu de concertation dont j’ignore la composition et le travail effectué (faute de compte-rendu) semble être le conseil citoyen. Cette instance obligatoire a dû être mise en place dans le cadre du contrat de ville adopté par le Conseil municipal le 21 mai 2015 pour le quartier prioritaire que constitue les 353 logements de la résidence Boieldieu-Bizet, propriété du bailleur social Coopération et famille. Mais l’article ne fait mention, ni de ce conseil citoyen, ni du contrat de ville, ni du quartier prioritaire…

A la lecture de l’article, nous apprenons que la GUSP « aurait accompagné le réaménagement de la rue Lecocq sur le volet de l’information des habitants ». J’ignore quels outils et quels moyens ont été développés à cette occasion. J’ai plutôt le souvenir de récriminations de plusieurs habitants du quartier sur l’absence d’information avant et lors de travaux et de critiques sur le nouveau tracé de la rue et l’insuffisance de places de stationnement…

Nous apprenons qu’un « groupe de travail a été créé sur la problématique spécifique de la sécurisation des abords des écoles ». J’en ignore la composition et le fonctionnement !

L’article mentionne la réalisation de « diagnostics en marchant ». C’est une excellente initiative qui permet en particulier de prendre en compte l’expertise d’usage des habitants. Malheureusement, il semble que les habitants n’y sont pas conviés…

L’article indique qu’il « est indispensable de réaliser une étude de domanialité, recensant les différents propriétaires ». A ma connaissance cette étude aurait déjà dû être lancée, puisque le Conseil municipal du 28 septembre 2017 a délibéré pour autoriser le maire à signer une convention de co-financement d’une telle étude avec le bailleur coopération et famille, dont la participation financière a été chiffrée à 5 000 € pour 2017.

De même je suis surpris d’apprendre dans cet article qu’un « projet de requalification des deux bois du quartier est en cours d’élaboration ». Ceci aurait pu faire l’objet d’une information, voir même d’une présentation lors d’une réunion de la commission municipale aménagement.

Enfin rappelons pour mémoire sur ce dossier, qu’il nous a fallu attendre le 23 février 2017 un avis en notre faveur de la Commission d’accès aux documents administratif (CADA) pour obtenir communication de l’étude réalisée en 2015 visant à la mise en place de cette GUSP (15 750 €), ainsi que le bilan qualitatif et financier de mise en place de cette démarche contenue dans la programmation des actions du contrat de ville pour l’exercice 2015. Depuis cette date, nous n’avons été destinataire d’aucun document sur la GUSP. A croire que les élus du Conseil municipal doivent se contenter de lire le journal communal pour avoir des informations sur la gestion de la commune.

Pages 14 et 15 : « Le budget primitif 2018 : une gestion rigoureuse, des investissements ambitieux »

Notons tout d’abord qu’une brève allusion est faite sur la présentation du compte administratif 2017 « bilan financier de l’année écoulée, retraçant les opérations budgétaires réellement exécutées ». Mais le lecteur de « Saint-Michel ma ville » ne dispose d’aucun élément sur ce compte administratif. Ainsi, il ignore totalement qu’un excédent de plus de 6 millions d’euros a été constaté et que seulement 48% des investissements inscrits au Budget primitif 2017 ont été réalisés l’année dernière (Lire ICI). En fait, à travers cet article la municipalité trompe le lecteur (et l’électeur !) sur (au moins) quatre points :

1/ La transparence

Il est indiqué que « l’intégralité du compte administratif 2017 et du budget primitif 2018 sont consultables sur le site internet de la ville, rubrique Vivre à Saint-Michel / La mairie ». A ce jour malgré de multiples recherches je n’ai toujours pas trouvé le lien menant à ces documents.

2/ La pression fiscale

La municipalité annonce « une participation des ménages allégée », comme si elle était à l’initiative d’un allégement de la pression fiscale, que d’ailleurs elle ne chiffre même pas. La vérité est la suivante : C’est l’État qui est à l’initiative de la baisse annoncée de la taxe d’habitation. Cette baisse devrait être de 30 %, mais ne concernera que 72 % des foyers Saint-Michellois. Les 28 % qui n’en bénéficieront pas verront au contraire leur TH augmenter, puisque les valeurs locatives sont réévaluées de 1,28 % en 2018. Cette réévaluation aura également un impact pour tous ceux qui sont assujettis à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Quant à l’annonce du « gel des taux d’imposition communaux », l’hypocrisie est à son comble. Les taux restent au même niveau que suite à l’augmentation de 15 % votée en 2016, alors que les compte de la ville sont excédentaires, pour une bonne part grâce à cette ponction effectuée sur les contribuables. Enfin, l’annonce d’une « politique tarifaire modérée », ne donne pas beaucoup d’éléments sur les augmentations de tarifs qui sont décidées en catimini par simple décision du maire, sans le moindre débat préalable en Conseil municipal.

2/ La gestion rigoureuse

Comment peut-on sérieusement parler de « gestion rigoureuse » lorsque la construction du budget se fait sans la moindre présentation, pour une analyse détaillée, des résultats du compte administratif de l’année précédente et sans le moindre rapport sur l’activité des services municipaux contrairement à ce qui est présenté dans la plupart des collectivités locales.

3/ Les investissements ambitieux

Chaque année, au moment du vote du budget, la municipalité s’ingénie à produire une liste impressionnante d’investissements pour tenter de démontrer qu’elle est contrainte de palier au mauvais entretien des équipements municipaux sous les précédentes municipalités avant 2008. Ce discours véhiculé depuis maintenant 10 ans, ne repose plus sur rien. Au contraire, nous pourrions lui opposer le quasi abandon, sans aucun projet de substitution, de différents équipements comme la maison des associations, rue de la Noue Rousseau, ou l’ancienne bibliothèque, avenue Saint-Saens. Par ailleurs cette abondante liste à la Prévert d’investissements, reprend chaque année la plupart de ceux qui n’ont pas été réalisés l’année précédente ou sont en cours de réalisation, avec des chiffres très approximatifs (par exemple, 100 000 € pour les travaux de sécurisation de la vallée de l’Orge, qui en partie pourraient incomber au syndicat qui gère la vallée) ou très curieux (par exemple, 670 000 € pour l’extension du parking dit du Gambrinus, dans le parc Jean Vilar, dont la réalisation à un bien moindre coût avait été annoncée pour septembre 2017!). Pour 2018, la municipalité claironne 13,6 M€ d’investissement. L’année dernière, elle en avait annoncé pour 11,2 M€, 5,3 M€ ont été dépensés, plus de 3,6 sont en restes à réaliser en 2018 et plus de 2 M€ de crédits ont été annulés !

 

Commentaires 

 
0 #2 Jean-Louis BERLAND 09-05-2018 21:26
Ce 9 mai, une rubrique est apparu sur le site de la ville concernant le compte administratif 2017 et le budget 2018
http://saintmichelsurorge.fr/vivre-a-saint-michel/la-mairie/587-le-budget-primitif-2018-et-le-compte-administratif-2017
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+1 #1 GR 07-05-2018 15:13
Merci de ces éclairages rigoureux. Je vais relayer votre blog, car les saint-michellois peuvent être effectivement abusés par cette littérature très approximative
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