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Dignité pour les personnes âgées dépendantes

 

Lors de la séance du 15 février dernier, à l’initiative de notre groupe Saint-Michel en commun – Alternative citoyenne, le Conseil municipal a voté à l’unanimité une motion dénonçant une réelle dégradation à la fois des conditions de travail des agents des EHPAD (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) et des conditions de prise en charge et d’accompagnement des résidents et de nos aînés à domicile. J’y reviens aujourd’hui à l’occasion de la deuxième journée d’action organisée par l’ensemble des organisations syndicales et l’association des directeurs de ces établissements. La première journée de mobilisation le 30 janvier dernier a été réel succès. Mais la réponse du gouvernement n’a pas été à la hauteur des besoins. Elle dénote même un mépris total sur la gravité de la situation. La situation n’est plus acceptable, ni pour les personnes âgées, ni pour les personnels. Au regard du manque de personnel, il est impossible de travailler sur la relation à l’autre, sur l’écoute, sur la prise en compte des besoins et des souhaits de chacune des personnes âgées. Les personnels sont soumis à la réalisation de soins en série, de façon impersonnelle et inadaptée. Le manque de temps conduit à écourter l’échange avec la personne soignée, ce qui génère frustration et culpabilité avec la crainte de devenir « maltraitant-e ». La part relationnelle est sacrifiée devant l’obligation des soins d’hygiène ou d’aide à l’alimentation.Certaines pathologies (démences, fin de vie...) sont matériellement et psychologiquement difficiles à assumer, plus encore à effectif réduit. Les troubles psychologiques, voire psychiatriques sont de plus en plus courants du fait du vieillissement des populations accueillies. Pour autant, les personnels n’ont pas ou peu accès à des formations dans ce domaine et certaines professions font défaut. Faute de prise en charge adaptée, ces situations peuvent parfois générer de la violence et de la souffrance pour les résidents et les personnels. Trop souvent les locaux non rénovés ou inadaptés à des populations de plus en plus âgées, les matériels manquants ou obsolètes, provoquent épuisement, accidents du travail, Troubles Musculo Squelettiques (TMS).... L’indice de fréquence des accidents du travail en EHPAD est près de deux fois supérieur à la moyenne nationale, toutes activités confondues. Les lombalgies et autres TMS sont la première cause d’arrêt de travail et d’inaptitude des aides-soignantes. Les chutes de plain-pied et de hauteur constituent la deuxième cause des accidents de travail. Le manque de personnel entraine un glissement insidieux des tâches, de l’infirmier-ère vers l’aide-soignant-e ou l’auxiliaire de soins, de l’aide-soignant-e ou l’auxiliaire de soins vers l’agent social. Ce glissement a pour conséquences la dégradation du service charge rendu aux personnes âgées, la prise de risques quotidienne de soignants qui se retrouvent hors du cadre réglementaire régissant leur profession. Les métiers du soin et de l’accompagnement ne sont pas considérés à leur juste valeur, il existe un manque de reconnaissance des professions d’aide à la personne, celles-ci étant majoritairement exercées par des femmes. Dans notre société soumise à la domination masculine, prendre soin des personnes âgées ou des enfants est considéré comme une tâche naturelle des femmes qui ne lui demande que peu d’efforts et donc ne nécessite que peu de valorisation, tant salariale que sociale.

Pour cette nouvelle journée d’action du 15 mars, les revendications portent donc toujours sur les quatre aspects déjà évoqué le 30 janvier, à savoir :

- le refus que les personnes âgées et les professionnels des EHPAD et de l’aide à domicile fassent les frais des politiques d’austérité.

- l’exigence d’un recrutement massif de personnels qualifiés pour atteindre à minima un ratio (toutes fonctions confondues) d’un personnel par personne accueillie.

- la titularisation (secteur public) et le passage en CDI (dans le privé) pour l’ensemble des personnels.

- l’opposition à la marchandisation de la dépendance à travers la prise en charge de la perte d’autonomie par la solidarité nationale, contre les logiques assurantielles.

Il faut en effet exiger partout la mise en œuvre des moyens indispensables à une prise en charge de qualité des personnes âgées quel que soit leur niveau de dépendance ou leurs moyens financiers. La prise en charge de nos anciens doit être pensée comme une priorité sociale dans sa globalité, dans la discussion avec les professionnels, les familles, les associations de patients et de résidents. La vieillesse et la dépendance font parties de la vie, les personnes fragilisées ont toute leur place dans la vie de la cité. C’est bien là un choix politique que celui de la place donnée aux personnes âgées dans notre société.

Vous trouverez ci-dessous le courriel adressé aujourd’hui par notre groupe à Sophie Rigault afin que la motion votée il y a un mois soit suivie d’effets et que des dispositions soient également prises au niveau de l’EHPAD de la maison de retraite des Grouettes.

« Lors du Conseil municipal du 15 février nous avons voté à l'unanimité une motion de soutien aux revendications exprimées par les personnels des EHPAD suite au puissant mouvement national du 30 janvier 2018. Hier, les députées Monique Iborra et Caroline Fiat ont rendu publiques, les conclusions de leur mission d’information sur les EHPAD (Lire ICI l'article publié par Le Monde.fr). Le constat alarmant de la situation dans ces établissements et leurs préconisations rejoignent les revendications de ce mouvement de mobilisation qui a été reconduit ce jour et dont notre groupe soutient, sans la moindre réserve, toutes les revendications exprimées, notamment celles concernant l'amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières que vous n'avez pas jugé utile de retenir dans la motion votée par le Conseil municipal.

Nous souhaitons savoir si vous avez reçu une réponse au courrier que vous avez adressé à Mme la ministre des solidarités et de la santé le 9 février dernier concernant la situation spécifique de l'EHPAD des Grouettes. Si oui, nous souhaiterions en avoir communication. De même, nous souhaitons savoir si vous avez obtenu des réponses à la motion votée par le Conseil municipal qui a dû être adressée au président du Conseil départemental de l'Essonne et au député de la 10e circonscription. Si oui, nous souhaiterions en obtenir communication.

Par ailleurs, comme notre groupe n'est pas représenté au sein du CCAS, nous souhaiterions être destinataires du compte administratif 2017 et du budget primitif 2018 de l'EHPAD. Enfin, au cas où l'EHPAD des Grouettes ne serait pas bénéficiaire "d'une partie de l'aide exceptionnelle de 50 millions d'€ annoncée en janvier dernier par le gouvernement et remis aux ARS pour les EHPAD en difficultés", nous souhaitons connaître les mesures que vous comptez proposer au CA du CCAS pour assurer le bien-vivre des résidents qui nécessite aussi le bien-être des personnels qui les prennent en charge ».

 

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