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Réseau de bus sur Saint-Michel : du bricolage !

 

Depuis le 5 mars, l’offre de transport vient d’évoluer à Saint-Michel sur Orge avec la modification du tracé des lignes DM16 et DM2B (et non 2A, comme annoncé par erreur dans le journal municipal de février), du transporteur Daniel Mayer. La municipalité présente cette évolution comme une avancée, alors qu’une nouvelle fois tout a été décidé sans la moindre concertation avec les usagers et les habitants. Si certaines adaptations du tracé de ces lignes vont dans le bon sens (à travers en particulier la création d’une liaison avec la gare RER de Brétigny) et si les fréquences sont plus importantes (en souhaitant qu’elles soient bien respectées à l’avenir) force est de constater que la municipalité n’a pas su ou pas voulu se projeter sur une réflexion d’ensemble pour améliorer véritablement l’existant. Que ce soit sur le stationnement, la circulation ou l’organisation des déplacements, la municipalité depuis maintenant 10 ans fait du sur place et traite les problèmes séparément, par le petit bout de la lorgnette, sans aucune vision cohérente. Rappelons qu’il y a un an, la municipalité organisait trois réunions de quartier pour rendre compte de l’étude de 39 170 € commandée sur le stationnement et la circulation. Depuis cette date, aucune décision, aucune évolution !

La modification du tracé de la DM 16 qui reliait initialement la gare RER de Saint-Michel au Plessis-Pâté est symptomatique d’une pratique technocratique et politicienne qui méprise au plus haut point les usagers et qui vise exclusivement à rentabiliser au mieux le service public. Le projet d’en modifier le parcours était dans les cartons depuis plusieurs années, avec l’objectif de relier la gare RER de Saint-Michel à celle de Brétigny en passant par la zone hôtelière du chemin de Champcueils et le magasin Décathlon et de délaisser ainsi la traversée de Saint-Michel par la rue des Processions, la rue des Rosières pour rejoindre le Techniparc et Plessis-Pâté. Ce changement permettait également de répondre à une vieille revendication de certains riverains de la rue (à sens unique) des Rosières qui se plaignaient du passage du bus, tout en sécurisant le franchissement des piétons et des véhicules sous le pont de la rue d’Enfer. Notons cependant que si le passage des bus était problématique à cet endroit, il n’y a pas eu à ma connaissance d’accidents importants. Espérons maintenant que l’absence de bus n’entraîne pas des vitesses excessives au niveau des voitures et des motos… Par contre un point embarrassait les « décideurs » : Devant la difficulté et les coûts pour créer des arrêts le long de la route de la Boële (RD 133), un petit détour par la rue des Tiphoines permettait de maintenir un arrêt à proximité de la rue des Processions et d’un créer un à l’autre extrémité pour desservir la zone hôtelière. Alerté par des riverains qui avaient aperçu des agents faire des repérages sur la voirie, j’avais interpellé par courriel le 9 novembre 2016 Bernard Zunino, maire de Saint-Michel, puis je l’avais relancé le 8 décembre 2016, quelques jours avant l’annonce officielle de son retrait. Sans doute très pris par la préparation de sa succession, je n’ai jamais eu de réponse. Aussi par courriel du 10 juillet 2017, je m’adressais donc à Sophie Rigault. La réaction fut quasi-immédiate. Fin juillet, les habitants de la rue des Tiphoines et des rues adjacentes était destinataires d’un courrier (daté du 13 juillet) dans lequel elle annonçait la modification du tracé de la ligne DM16 tout en précisant qu’elle n’avait pas pu obtenir gain de cause auprès de l’agglomération, du STIF (ex syndicat des Transports d’Ile-de-France – rebaptisé aujourd’hui Ile-de-France Mobilité) et des Transports Daniel Mayer pour éviter la traversée par la rue des Tiphoines. Par contre, elle sollicitait le Président de Cœur d’Essonne Agglomération, compétente en matière de voirie, pour financer une réfection de la rue des Tiphoines, préalable indispensable pour pouvoir envisager le passage d’une ligne de bus.

Fin août, les habitants de la rue se sont alors mobilisés autour d’une pétition dont vous trouverez ci-dessous le texte intégral et très explicite :

« Par courrier daté du 13 juillet 2017, le maire de Saint-Michel-sur-Orge nous a informés de la décision prise par le Syndicat des Transports d’Île-de-France (STIF) de faire passer la ligne de bus DM16 par la rue des Tiphoines. Cette modification du tracé de la ligne de bus, sans la moindre concertation avec les usagers et les riverains, n'est pas acceptable :

- dans cette rue étroite, qui traverse un quartier pavillonnaire, la sécurité risque de se dégrader, la limitation de vitesse à 30km/h et l’interdiction des poids lourds n’étant déjà pas respectées.

- le passage des bus nécessiterait un réaménagement de la rue avec en particulier la suppression de places de stationnement, qui sont déjà limitées et qui vont bientôt apparaître très insuffisantes à la livraison de l’immeuble de 31 logements en cours de construction à l’angle de la rue des Processions et des Tiphoines.

- la rue des Tiphoines présente déjà une importante dégradation de sa structure. Quels que soient les éventuels et coûteux travaux qui pourraient être réalisés, ceux-ci n’empêcheront pas une nouvelle détérioration de la voirie.

- le passage des bus provoquera des vibrations supplémentaires importantes pour les habitations riveraines. Compte-tenu de la spécificité du sous-sol de cette partie du quartier des Glaises, des dégradations vont rapidement apparaître au niveau des habitations.

Le simple bon sens devrait conduire à un tracé continu route de la Boële (RD 133) sans un détour inutile, coûteux et dangereux via la rue des Tiphoines. Pour toutes ces raisons, nous souhaitons l’organisation d’une réunion de concertation avec tous les riverains concernés afin que l’ensemble des arguments et des alternatives soient présentées et étudiées avant toute décision définitive ».

La pétition signée par la quasi-totalité des habitants de la rue des Tiphoines et des allées adjacentes (Avicenne, Darwin, Berthelot, Charcot, Lavoisier et Monod) a été adressée le 13 septembre au Président de l’agglomération, avec copie à Valérie Pécresse présidente de la région ayant validé le tracé, au directeur des Transports Danier Mayer et à Sophie Rigault. Dans le courrier joint, il était demandé « une rencontre pour exposer les réflexions et les interrogations sur cette modification engagée sans la moindre information préalable, arrêter les modalités pratiques d’organisation d’une réunion de concertation avec tous les riverains et usagers concernés afin que l’ensemble des arguments et des alternatives soient présentées et étudiées AVANT toute décision définitive ».

A travers un courrier en date du 27 septembre, Sophie Rigault se rangeait définitivement derrière les arguments des riverains et sollicitait l’agglomération pour étudier des arrêts alternatifs pour éviter la rue des Tiphoines. Mais toujours pas d’annonce de réunion pour pouvoir échanger avec les riverains. Même chose avec l’agglomération. Après plusieurs rappels par courriels, une réponse de prise en compte de la pétition a été adressé aux riverains le 16 novembre. Puis un rendez-vous avait fini par être arrêté avec le directeur de cabinet de Sophie Rigault pour le 28 novembre, avant d’être décommandé la veille, puis reprogrammé pour le lundi 11 décembre 17h45. Cette réunion ne fut malheureusement pas d’une grande utilité, car en début d’après-midi la municipalité avait fait distribuer dans tout le quartier une nouvelle lettre du maire confirmant le tracé retenu avec demi-tour au giratoire de la rue des Processions. La décision étant prise et le nouveau tracé acté, Sophie Rigault n’a pas daigné prêter grande attention aux autres remarques sur la non communication des chiffres sur la fréquentation réelle de la ligne DM16 qui justifie sa modification, sur l’absence de concertation avec les usagers et les riverains, sur la nécessité de sécuriser davantage le rond-point de la rue des Tiphoines et de la rue des Processions. Quant à la suppression d’une ligne de bus pour desservir l’Hôtel de Ville et le cimetière, cela n’a visiblement guère d’importance pour la municipalité… Et voila comment une évolution du tracé des lignes de bus, qui aurait pu permettre à notre ville d’obtenir à travers une réflexion globale, intégrant circulation et stationnement, une meilleure couverture des différents quartiers de la commune, se traduit par un restriction du service desservant le quartier des Glaises.

 

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