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Sécurité, prévention, tranquillité publique : la municipalité reste bien silencieuse !

 

Garantir la sécurité des personnes et des biens, lutter contre la délinquance et les incivilités et assurer la tranquillité publique sont des questions importantes qui méritent d’être traitées sérieusement au-delà des postures politiciennes et des silences gênés. Évitons tout d’abord les faux clichés : Saint-Michel sur Orge demeure une ville relativement calme de la banlieue parisienne où il fait encore bon vivre. Mais affirmer ceci, c’est aussi constater que la situation reste souvent tendue, que certains trafics délictueux existent et que les dégradations de biens de toute sorte et le mauvais entretien de certains lieux publics ont plutôt tendance à s’accentuer, sans oublier les commerces fermés, le manque de stationnement, les dépôts sauvages, la réduction du service public ou les nombreux logements vacants qui ne contribuent pas à installer un climat serein et apaisé dans la ville. Et puis, de manière régulière hélas, la « cocotte-minute » explose, comme ce jeudi 22 févier 2018 en fin de journée lorsqu’un affrontement entre des « jeunes » brétignolais et saint-michellois à dégénérer en caillassage de voitures et sur la vitrine du bar Le Berlioz, à l’entrée du Centre commercial du Bois des Roches. Cette rixe n’est malheureusement pas exceptionnelle. Ce type d’incident grave ne doit pas être minimisé, dans la mesure où il se reproduit de manière récurrente, même si les causes, les actes et les protagonistes sont parfois différents. Sans prétendre établir une liste exhaustive, je rappelle quand même ces derniers mois les violences et dégradations commises dans la nuit du 13 au 14 juillet à l’arrêt de bus de l’avenue Saint-Saens, avec le saccage du salon de coiffure, désormais fermé, tout comme les exactions lors des fêtes de fin d’année rue du Général de Gaulle, dans un quartier résidentiel jugé plutôt tranquille. Et sans qu’il soit besoin de les citer ici, tout le monde connaît quelques secteurs dans la ville où les tensions et les interventions de la police nationale sont régulières…

Disons-le aussi clairement : la municipalité ne peut pas être tenue responsable de tout. Sans qu’ils puissent servir d’excuses, il y a toujours dans la racine des causes des éléments d’un contexte économique et social qui dépasse le cadre de notre commune. Par ailleurs, il convient également de constater que les moyens mis à la disposition de la police nationale pour assurer « le maintien de l’ordre » sont très insuffisants (et notamment au sein du commissariat de Saint-Geneviève des Bois, dont dépend notre ville). De même les services de la justice sont aujourd’hui complètement débordés que ce soit pour traiter dans les plus brefs délais les dossiers que pour faire exécuter sérieusement des peines, afin de limiter la récidive et d’engager des actions indispensables d’insertion ou de réinsertion. Le mal est profond, et les gouvernements qui se succèdent depuis des décennies ont une part très importante de responsabilité. Heureusement que notre pays, peut compter sur une très large proportion des fonctionnaires exemplaires qui ne demandent qu’à avoir des moyens supplémentaires pour être plus efficaces.

Mais localement, la municipalité ne peut pas faire comme si tous ces problèmes ne sont pas de sa compétence. Rappelons tout d’abord que la droite avait fait de l’insécurité l’une des principales critiques de la gestion des municipalités précédente jusqu’en 2008. A tel point que le premier point du programme de la liste Zunino-Rigault en 2008 indique qu’il est « impératif de rétablir la sécurité dans notre ville en alliant répression et prévention… Nous serons fermes dans nos actes, tout en investissant massivement dans la prévention » affirmaient-ils. Plusieurs engagements avaient été pris pour ce premier mandat, en voici le détail :

- « Nommer un Monsieur Prévention ». Un poste de médiateur créé en 2008 a été supprimé deux ans après !

- « Créer une police municipale pour lutter contre la délinquance et les trafics…sous réserve d’une consultation communale ». Aucune consultation n’a été organisée sur un projet qui n’a jamais vu le jour !

- « Obtenir rapidement la mise en place d’une unité territoriale de quartier au sein du commissariat de Ste Geneviève intervenant sur la ZUS du Bois des Roches ». Aucune demande n’a été formalisée même lorsque M. Sarkozy était président de la République jusqu’en 2012 !

- « Rendre compte fréquemment dans le journal municipal de l’évolution de la situation ». Aucun élément qualitatif et quantitatif n’a été publié dans "Saint-Michel-ma-Ville" depuis 2008. Les statistiques officielles mensuelles sur l’évolution de la délinquance restent secrètes au sein du Cabinet du maire depuis 10 ans. Les élus de la majorité n’en sont même pas destinataires !

- « Organiser la synergie entre policiers, gardiens d’immeuble et Mairie ». Au-delà du flou de la mesure, absolument rien d’initier dans ce domaine !

- « Réactiver le plan de prévention et de maîtrise des risques ». Il a fallu attendre le 21 septembre 2015 pour qu’une information soit donnée au Conseil municipal, mais sa réactivation semble avoir été limitée !

- « Instaurer une charte de lutte contre les drogues ». A ma connaissance pas le début d’une moindre réflexion sur cet aspect !

- « Renforcer l’efficacité du Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance ». Non seulement celui-ci ne s’est guère réuni, mais très vite la municipalité s’est réfugiée derrière la création de cette structure à l’échelon de l’agglomération… dont la composition vient enfin d’être arrêtée par le Conseil communautaire du 8 février 2018 !

En fait une seule promesse a été tenue depuis 2008 : « Mettre en place un système de vidéo surveillance dans les endroits sensibles ». Après avoir installé 12 caméras en 2012, la municipalité prévoyait d’atteindre 25 en 2015. 150 000 € ont été voté en investissement au budget 2016, puis de nouveau 150 000 € au budget 2017, sans que l’on sache précisément ce qui a été dépensé et les frais de fonctionnement engendrés. La ville a recruté un agent responsable du centre de supervision des caméras, dans lequel se relaient également les agents de surveillance de la voie publique (ASVP), qui seraient de mon point de vue beaucoup plus utiles dans nos rues et nos places. Le 29 mai 2017, la majorité du Conseil municipal a validé un plan d’installation de 15 caméras et a autorisé le maire à engager toutes les démarches pour demander des subventions à la région Ile-de-France et au Fonds Interministériel de prévention de la délinquance (FIPD). Depuis cette date nous n’avons eu aucune information sur les financements obtenus et sur l’échéancier de mise en place de ces 15 caméras supplémentaires. J’ai été désigné pour siéger dans le comité d’éthique sur la vidéo protection mis en place en janvier 2013. Depuis cette date, une seule réunion s’est tenue le 28 avril 2016 (il y a bientôt deux ans !) avec un refus du maire de retranscrire les éléments présentés oralement très rapidement dans un compte-rendu ! Enfin j’attends toujours la convocation pour la première réunion de la cellule de veille communale Prévention/Sécurité que le directeur du cabinet du maire nous promettait de réunir juste « après la rentrée scolaire de septembre 2015 » (courriel mémorable du 7 mai 2015) !

Lors des élections municipales de 2014, le programme de la liste Zunino-Rigault claironnait « une baisse généralisée de la délinquance en six ans, la sécurité à St Michel s’améliore ». Fort de ce constat totalement démagogique qui ne s'appuie sur aucun élément objectif, la droite s’était contentée de mettre en avant 7 mesures. Outre l’extension du dispositif de vidéo protection, déjà examiné plus haut, celles-ci étaient ainsi libellées :

- « Extension des zones 30 aux abords des équipements et espaces publics ». A ma connaissance guère réalisée !

- « Installation de radars pédagogiques et de feux tricolores à déclenchement automatique ». Là encore, je n’ai pas vu grand-chose !

- « Modernisation des moyens des ASVP, avec la mise en place des procès-verbaux électroniques pour un traitement automatique des amendes ». C’est visiblement réalisé lorsque j’entends un nombre conséquent de Saint-Michellois qui se plaignent souvent d’avoir été verbalisés… un peu rudement !

- « Protection des accès de la vallée de l’Orge… pour éviter les intrusions des caravanes ». Visiblement de ce côté-là, on n’a guère avancé. En juillet 2017, un terrain appartenant au syndicat de l'Orge, près de l'accueil de loisirs de la Canardière, a été occupé pendant deux semaines par 170 caravanes des gens du voyage. Cette intrusion illégale et inacceptable a généré de nombreuses nuisances pour les riverains et des coûts importants pour la sécurisation et la remise en état des lieux. Je me suis félicité à l’époque de la coordination efficace entre les services municipaux, le syndicat de l'Orge et l'agglomération, en lien avec le commissariat de police pour atténuer les désagréments et éviter toute surenchère de haine, comme malheureusement nous avons pu le relever sur les réseaux sociaux. Mais faute de volonté politique, la question des aires d'accueil des gens du voyage n'a toujours pas été traitée depuis la création de notre agglomération, compétente en la matière. Sophie Rigault avait évoqué en juillet 2017 l'organisation d'une « table ronde sur le sujet ». Mais lors du dernier Conseil municipal du 15 févier 2018 elle a bien été obligée de reconnaître que le dossier en était toujours au point mort !

- « Pérennisation des actions portées par le CEPFI » (Centre de Prévention de Formation et d’Insertion). En 2014, la droite dénonçait, à juste titre d’ailleurs, les désengagements financiers de l’État, mais surtout du Conseil départemental compétent en matière de prévention spécialisée et de protection de l’enfance et de la jeunesse. Il n’est pas sûr que les choses aient beaucoup évoluées positivement depuis, malgré l’accession en décembre 2015 de Sophie Rigault au poste de Vice-Présidente du Conseil départemental… en charge notamment de la jeunesse !

-« Mise en place d’un permis internet ». Sans doute mal informé, je n’ai pas mesuré à ce jour l’implication de la municipalité dans la mise en place de ce dispositif utile pour sensibiliser enfants (et parents) aux règles essentielles de prudence sur les accès internet !

Comme on le constate aisément, il y a un grand écart entre les engagements électoraux de la liste Zunino-Rigault depuis 2008 et les actions réellement engagées. Mais le plus dommageable est sans doute l’absence d’une vision globale pour améliorer le VIVRE ENSEMBLE à Saint-Michel.

- La sécurité à St Michel (comme ailleurs !) ne pourra jamais être assurée par des caméras à tous les coins de rue et dans tous les halls d’immeubles, même si leur utilisation peut permettre l'élucidation de certains actes délictueux.

- Tous les jeunes ne sont pas des délinquants en puissance. La prévention de la délinquance doit être traitée plus largement, avec des moyens renforcés pour des actions éducatives, sociales, culturelles et sportives, constamment réévaluées et repositionnées, en direction du plus grand nombre. A cet égard, comme je l’ai déjà évoqué ici, le rapport sur l'analyse des besoins sociaux présenté très schématiquement lors du Conseil municipal du 12 juillet 2017 dresse un constat sévère sur la situation dans notre ville et pointe un important déficit concernant la politique conduite depuis 10 ans en direction des jeunes (augmentation de la déscolarisation) et des personnes âgées isolées. Les beaux discours et la réactivité électoraliste de Sophie Rigault sur les réseaux sociaux cachent bien mal l'absence d'une politique volontariste en direction des populations les plus fragiles.

- Et contrairement aux positions idéologiques de la droite pour diminuer les dépenses de l’État et réduire le nombre de fonctionnaires, je considère que le chemin inverse doit être pris pour renforcer les services de police et de justice, sans oublier non plus, ceux tout aussi vitaux concernant l’éducation, la prévention et la santé.

Aussi, au-delà du mépris qu’affiche constamment le maire, vis-à-vis des positions que j’exprime avec mes collègues du groupe « Saint-Michel en commun / Alternative citoyenne » au sein du Conseil municipal, je laisse chacun apprécier le silence total de celle-ci suite au courriel (ci-dessous) que nous lui avons adressé le 24 février dernier.

« Madame Rigault,

Nous apprenons, par un article publié ce matin dans le Parisien, les graves incidents qui se sont produits jeudi 22 février 2018 sur le territoire de notre ville. Nous sommes surpris que vous n'ayez pas jugé utile d'en informer les membres du Conseil municipal. Nous condamnons sans la moindre réserve ces rixes et les dégradations subies par les gérants du café Le Berlioz. Nous espérons que l’enquête permettra de déterminer dans les plus brefs délais les motifs et les responsables de ces faits inacceptables. Pourrions-nous avoir des précisions sur le contenu des dispositions que vous avez prises pour permettre (selon les termes rapportés par le journaliste) à "l'association de prévention et le service jeunesse (d'être) très attentifs dans les prochains jours" ?

Dans cette attente, recevez nos salutations républicaines ».

A suivre, certainement…

 

Commentaires 

 
0 #1 Habitant 02-03-2018 11:53
Merci pour ce rappel des programmes de la municipalité actuelle. Très édifiant éffectivement sur le décalage avec la réalité. Oui ça se dégrade dur à St Michel
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