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2018 : Nouveau changement pour les rythmes scolaires ?

 

 

Décidément la réforme des rythmes scolaires mise en place laborieusement en 2013 a bien du mal à trouver une traduction pérenne et efficace dans toutes nos écoles. J’avais exprimé mes doutes lors de la publication du décret qui organisait l’école maternelle et élémentaire sur 9 demi-journées. Lors des élections municipales de 2014, notre liste s’était positionnée très clairement pour surseoir à l’application de cette réforme bâclée. Les soubresauts ces dernières années sur la multiplication des « adaptations » à cette réforme atteste que nous avions en grande partie raison. Et tout dernièrement, le décret du 27 juin 2017 ouvrant aux communes la possibilité de déroger à l’organisation de la semaine scolaire sur 9 demi-journées, va sans doute porter un coup fatal à cette réforme. Mais le problème persiste et l’intérêt des enfants va être encore ballotté au gré des différentes décisions qui vont être prise par les communes au cas par cas. A Saint-Michel, la municipalité a une grande part de responsabilité avec des cafouillages et des zigzags à répétition. Sophie Rigault ne pourra pas s’en décharger sur son prédécesseur dans la mesure où elle a directement piloté ce dossier dans ses fonctions de première adjointe. Rappelons quelques aspects chronologiques et examinons ce qui se dessine pour la rentrée de septembre 2018.

Une mauvaise réforme

Le décret du 24 janvier 2013 prévoyait la mise en place d'une semaine scolaire de 24 heures d'enseignement (inchangé) réparties sur 9 demi-journées, au lieu de 8, afin d'alléger la journée d'enseignement. Les heures d'enseignement sont organisées les lundis, mardis, jeudis et vendredis et le mercredi matin, à raison de 5h30 maximum par jour et de 3h30 maximum par demi-journée. Le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) pouvait donner son accord à un enseignement le samedi matin en lieu et place du mercredi matin lorsque cette dérogation est justifiée par les particularités du projet éducatif du territoire et qu’elle présente des garanties pédagogiques suffisantes. Le texte prévoyait également la mise en place d'activités pédagogiques complémentaires (1 heure par semaine) en groupes restreints pour l'aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages, pour une aide au travail personnel ou pour une activité prévue par le projet d'école, le cas échéant en lien avec le projet éducatif de territoire (PEDT). Lors du Conseil municipal du 25 février 2013, nous avions délibéré unanimement pour le report de la mise en place de la réforme à la rentrée scolaire de 2014. Une enquête menée par la municipalité au mois de mars 2013 avait acté la nette préférence des parents (77%) pour l’école le mercredi matin, alors que les enseignants étaient beaucoup plus partagés (49% pour le samedi et 44% pour le mercredi). Par contre, j’avais pu observer lors d’une réunion de « concertation » organisée par la municipalité le 16 avril 2013 un très gros flottement sur l’organisation des horaires de l’emploi du temps, le placement de cette heure d’activité pédagogique complémentaire, le contenu, les moyens et la tarification des temps d’activités périscolaires désormais appelés Nouvelles Activités Périscolaires (NAP)…

Un dispositif local

Le schéma mis en place à la rentrée 2014 était un mauvais bricolage. Fin des cours à 15h le vendredi, réduction à 18h30 du service périscolaire (au lieu de 19h précédemment), hausse de la tarification, des NAP pas toujours attractives et en nombre insuffisants. Sophie Rigault qui approuvait les grandes lignes de la réforme, avec les transferts de l’Education nationale en direction des communes, initié par Nicolas Sarkozy, fait ensuite volte face et dénonce une réforme qui a été imposée. Dans les différentes réponses faites par la municipalité aux pétitions de mécontentement des parents d’élèves à la rentrée 2014, il est mis en avant un surcoût pour la ville évalué selon les moments entre 220 000 et 300 000 € par an. Un comité de suivi de la réforme a laborieusement été mis en place en novembre 2014. Malgré quelques réunions intéressantes et des enquêtes de satisfaction, l’évaluation du dispositif n’a jamais été conduit jusqu’au bout. Malgré tout, des aménagements insuffisants mais cohérents ont permis une stabilisation et une meilleure lisibilité du dispositif depuis la rentrée de septembre 2015, avec notamment la fin des cours d’enseignement reporté à 16h le vendredi.

En 2016, à la suite d’une enquête auprès des familles sur les Nouvelles Activités Périscolaires, dont les résultats complets n’ont jamais été communiqués aux élus, la municipalité mettait en avant un taux de satisfaction de 80% des parents… alors que seulement 50% des enfants (majoritairement des classes moyennes ou supérieures) y ont eu accès. (Voir le journal « Saint Michel ma Ville » –septembre 2016). Le choix d’une tarification, même avec le quotient familial (entre 1,10 € et 6,67 € par cycle de 5 à 7 séances) n’a sans doute pas eu l’effet escompté.

Une nouvelle concertation

La parution du décret d’assouplissement en juin dernier n’avait pas du tout été anticipée par la municipalité. Le Maire a donc contourné l’obstacle « en souhaitant prendre le temps de la concertation » (SMMV – septembre 2017). Idée louable qui permet de masquer l’absence de position cohérente de la droite sur ce sujet. A chaque étape, nous avons eu des postures différentes essentiellement dictées par des considérations politiciennes et électoralistes. Un questionnaire a été mis au point sur internet, une brève restitution et un temps d’échange avec les parents a été organisé le 16 décembre. Une nouvelle rencontre aura lieu le 23 janvier « afin de rédiger les scénarios qui seront proposés au vote des Conseils d’école en février ». Puis les Conseils d’école se réuniront mi-février pour se prononcer sur les scénarios retenus. Mais la municipalité prend le soin de bien préciser sur chacune de ses communications que « c’est le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale (DASEN) qui à la charge de prendre la décision pour la ville et ses établissement et d’en assurer sa mise en œuvre à la rentrée 2018 ». La publication sur le site de la ville d’une restitution des réponses, pas très fiable, à ce questionnaire, assez mal fichu (c’est à lire ICI) laisse apparaître qu’une large majorité des parents est favorable à un retour de la semaine de 4 jours. Deux questions restent en suspens : Ce scénario obtiendra-t-il la majorité des votes dans les conseils d’école ? Plus largement, quelles modalités d’évolution au niveau des activités périscolaires, qui elles sont entièrement de la responsabilité de la ville ? Il faudra bien y répondre en 2018 !

 

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