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Rousseau, Amazon, Argan… Une succession d’implantations d’entrepôts au détriment de notre environnement

 

Cœur d’Essonne Agglomération mène un politique intensive d’implantations d’entreprises et de structures commerciales sur les zones d’activités dont elle a la charge, notamment sur la Croix Blanche, les Ciroliers et tout récemment sur l’ex base aérienne 2017, la proximité de la Francilienne étant un atout important. Et à chaque fois, un argument de poids : des créations d’emplois en perspective. Dans le contexte économique actuel, personne ne peut raisonnablement s’opposer à ces créations d’emplois annoncés. Pourtant, un doute subsiste. Mais il est bien difficile d’en débattre avec les décideurs tout puissants (et bien souvent méprisants) de l’Agglo.

Au niveau de l’emploi tout d’abord : En attendant la création effective d’emplois, nous ne disposons guère d’éléments sur la situation de ces grands groupes, qui parfois réduisent leurs activités dans d’autres sites pour s’implanter ici. Les créations d’emplois annoncées cachent aussi des suppressions d’emplois ailleurs ou des transferts ici dans le cadre de délocalisations. Sans oublier qu’à chaque fois les décideurs sont très pudiques sur le contenu même des emplois (rarement des CDI !). Et puis comme tout verre à moitié vide, l’Agglo ne parle jamais des entreprises ou structures commerciales qui cessent leurs activités ou réduisent leurs effectifs sur notre territoire. Sans oublier qu’un peu partout, les petits commerces de proximité ont du mal à survivre face au développement des grandes zones commerciales. Nous le savons particulièrement à Saint-Michel avec le centre commercial Grand Bois…

Un autre aspect mérite également une attention accrue : la détérioration de notre environnement. Ainsi on nous empile une succession d’entrepôts, sans que l’on sache toujours bien ce qui sera entreposé et sans qu’on additionne à chaque fois les nuisances produites par l’intensification du transport routier automatiquement généré. Certes, grâce à diverses dispositions du Code de l’environnement, plusieurs implantations nécessitent des demandes d’autorisations qui sont généralement précédées d’un avis de  l'Autorité environnementale, créée en 2009 au sein du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), puis d’une enquête publique. Le problème principal est que sans aucune présentation d’une vision d’ensemble pour l’aménagement de ces zones d’activités, chaque dossier est examiné au coup par coup. La ville de Saint-Michel-sur-Orge étant située dans un rayon de 2 km autour du périmètre de cette installation, le Conseil municipal doit émettre un avis sur la demande d’autorisation.

Ainsi, nous avons été amenés à nous positionner récemment sur trois dossiers :

- En 2016, l’avis concernait l'installation classée pour la protection de l'environnement, SARL Rousseau au Techniparc. Cette SARL exploite depuis 1999 une plate-forme logistique d'entreposage qu'elle souhaite réhabiliter au 19 avenue Condorcet (40 000 m² sur un terrain de 81500 m²). L'étude de l'autorité environnementale montrant que certains points demeurent non renseignés et qu'il existe beaucoup d'incertitude sur les marchandises qui seront entreposées, le maire de l’époque avait eu du mal à convaincre la totalité de l'assemblée de donner un avis favorable. 20 pour et 15 contre. Mais l’autorisation finalement a été donnée !

- Le 29 mai 2017, le Conseil municipal était sollicité pour la société AMAZON FRANCE TRANSPORT (AFT) qui a pour projet de construire et de développer un complexe logistique sur un terrain de 31 ha sur l’emprise de l’ancienne Base aérienne 2017 de Brétigny. Deux gigantesques bâtiments sont prévus pour accueillir en simultané 2 200 personnes, avec à la clé l’annonce de centaines de création d’emplois. Le projet a fait l’objet d’une enquête publique puisque le premier bâtiment appelé e-commerce, qui assurera principalement une activité de stockage sur deux étages, relève du régime d’autorisation au titre de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Le second bâtiment appelé « sort-center », qui assurera principalement la préparation des commandes et le convoyage, relève du régime de la déclaration au titre de la réglementation des ICPE.

Corinne Bediou était intervenue au nom de notre groupe pour émettre le souhait que soient spécifiées dans la délibération, les quatre recommandations émises par l’autorité environnementale. A savoir :

- La prise en compte de l’éventuelle présence d’amiante lors de la démolition.

- Les mesures d’accompagnement et de suivi écologique de la faune et de la flore.

- La prescription de mesures visant à maîtriser les risques des installations.

- L’adaptation du projet aux préconisations du Guide Végétation en Ville du Réseau National de surveillance aérobiologique.

De même elle a demandé que soit spécifiée les réserves émises afin d’avoir une approche plus globale concernant le projet de reconversion de la base aérienne, sachant par ailleurs que nous sommes toujours très dubitatifs sur les annonces de créations d’emplois, qui bien souvent s’inscrivent dans des processus de délocalisation et de rationalisation d’activités existantes, sans le moindre engagement en termes de durée, une fois que les aides publiques de l’Etat et des collectivités locales sont encaissées. Le maire ayant refusé d’apporter ces précisions dans la délibération, nous nous sommes abstenus comme l’ensemble des élus de l’opposition et quatre membres de la majorité. Mais le projet a reçu son autorisation.

- Puis lors du Conseil municipal du 28 septembre nous avons été sollicités pour la société Argan. Il est prévu d'aménager un bâtiment de 44 000 m² sur un site de 10ha à Fleury-Mérogis pour du stockage notamment de matières premières, de pneus et de matières dangereuses sans autre précision. Les interrogations sont nombreuses. Ma collègue Corine Bediou a de nouveau interpellé le Maire pour savoir quel était en fait le but de la politique économique et environnementale de l'Agglomération pour l'extension de la zone d'activité de la Croix Blanche. Sophie Rigault n'en a visiblement aucune idée, prétextant qu'elle n'est pas associée à toutes les tractations au niveau de l'Agglomération. Elle a plaidé pour que le conseil municipal émette un avis favorable pour cette implantation, avec des réserves, mais sans nous préciser le contenu de ces réserves. D'où notre vote contre !

Sans autre information, j’ai interpellé Sophie Rigault par courriel le 17 octobre pour avoir communication du texte des « réserves » adressé dans la cadre de l’enquête publique. Deux jours plus tard Sophie Rigault m’indiquait par courriel « Les bandes du conseil municipal ont été réécoutées pour compléter les réserves exposées lors du vote de l'ICPE ARGAN. Je vous remercie de me donner votre avis avant 12h demain, copie à Guillaume Andraud. Je sais que le délai est court et je comprendrai que nous ne puissiez pas répondre »…

D’où ma réponse par courriel du 20 octobre à 11h49 au nom de mon groupe d’élu-e-s :

« Bonjour Madame Rigault,

Nous accusons réception de votre réponse à notre message du 17 octobre 2017.

La précipitation dans laquelle vous nous demandez d'émettre un avis sur la rédaction de réserves trois semaines après la réunion du Conseil municipal justifie pleinement notre vote contre la délibération incomplète présentée lors de cette séance.

Nous ne pouvons donc pas cautionner la délibération ainsi rédigée, car elle s'apparente à un faux en écriture publique. Le Conseil municipal régulièrement convoqué le 28 septembre n'a pas délibéré sur le texte que vous nous proposez de valider à quelques uns par courriel à 21h57 pour une réponse au plus tard ce midi.

Par ailleurs sur le fond, si nous sommes bien favorables à ce que le Conseil municipal demande une étude d'impact, nous considérons en toute logique qu'il faut attendre les résultats de cette étude d'impact avant d'envisager de donner un avis (favorable ou défavorable) sur ce projet.

Recevez nos salutations républicaines. »

A ce jour ce courriel est resté sans réponse…

Ce qui ne nous a pas empêchés de continuer à suivre ce dossier et d’assister à une réunion publique convoquée par le Commissaire enquêteur le 27 octobre à Fleury-Mérogis. Vous trouverez ci-dessous le texte de l’intervention prononcée au nom de notre groupe « Saint-Michel en commun » par Corinne Bediou.

« En tant qu’élus nous considérons qu’il nous est impossible de nous prononcer dans l’intérêt commun sans une vision globale de tous les enjeux afférents aux deux projets. Mon intervention veut mettre en lumière quatre points que nous jugeons susceptibles d’impacter les habitants de notre commune, mais aussi tous ceux aux alentours car l’intérêt général en matière d’environnement ne se limite pas au cadre communal !

1/ Le bâtiment :

Notre attention a été attirée d’une part, par les deux cellules de produits inflammables représentant pour l’une 1730 m² et pour l’autre 1742 m² soit un total de 3472m² et d’autre part une cellule de 859 m². Malgré le non classement SEVESO du site et du fait qu’à ce jour vous ne connaissez pas le nom du ou des locataires de ces cellules et par conséquences le type de produits susceptible d’être stocké, nous sommes très préoccupé par ce « chèque en blanc » que vous nous demandez. En cas d’accident (et malgré les précautions prises, nous savons par expérience qu’ils arrivent parfois des accidents industriels) les conséquences ne se limiteront pas à la commune de Fleury-Mérogis.

2/ L’implantation :

Nous savons que 2000 logements sont, soit déjà construits soit en cours de construction sur la ZAC des Portes de Bondoufle, c'est-à-dire à la lisière de l’entrepôt prévu. Par solidarité et dans une optique d’intérêt commun, nous nous interrogeons sur la qualité environnementale pour les habitants de ces logements.

3/ La circulation :

Permettez-moi une certaine latitude au vu du dossier du groupe Argan qui nous préoccupe ce soir, mais comme dit précédemment nous ne pouvons sur ce sujet faire abstraction de l’implantation d’Amazon (projet déjà acté et qui a bénéficié d’une très large communication) à une encablure de celle prévue pour Argan. A la lecture de l’étude d’impact, il a été estimé pour un effectif d’environ 200 salariés un trafic de 100 VL (voitures) /jour et 150 PL (poids-lourds) /jour entrée et sorties soit 300 mouvements / jour.

Amazon a estimé pour un effectif de 2 200 salariés en simultanés (nuit et week-end compris) 1 350 à 1 500 VL / jour et 115 PL / jour voir 380 PL / jour en période de pic, soit 800 mouvements / jour. Donc en faisant le total uniquement des deux plates-formes (on sait que d’autres projets d’installations sont à l’étude sur le territoire) on obtient déjàles chiffres ahurissants de 1600 VL / jour et 530 PL/ jour soit près de 1 100 mouvement PL / jour supplémentaires sur le réseau routier.

L’impact sur la circulation de la RN 445 et la RD 19, sans oublier les voix urbaines sera par évidence en forte augmentation et entrainera donc des nuisances supplémentaires en matière de qualité de circulation et de déplacement, de nuisances sonores et de pollution. En un mot de la qualité de vie sur notre territoire.

4/ L’impact sur la santé :

Après la mise en lumière des points précédents, nous avons été tout particulièrement choqué et avons ressenti une sorte de mépris envers les habitants des communes impactés par le projet à la lecture de la phrase suivante tirée de l’étude d’impact : « Les effets sanitaires de notre établissement sont acceptables pour la population sur le secteur d’étude ».

Non ! Notre plus grand bien qu’est la santé ne peut en aucun cas être évalué et soupesé en terme d’un impact qui pourrait être « acceptable ».

A l’aulne de la qualité de l’environnement que nous recherchons tous, cet impact doit être nul.

En Conclusion :

- Nous demandons avec insistance une total transparence de la part de Cœur Essonne Agglomération en ce qui concerne tous les projets d’implantation d’entreprise passés et à venir. L’Agglomération doit nous indiquer la cohérence politique de ces projets en matière économique et environnementale.

- Nous demandons que tous les protagonistes : Cœur Essonne Agglomération, Grand Paris Sud (et toutes autres agglomérations éventuellement concernées dans le futur), la région Ile-de-France, le département et l’Etat, se mettent autour d’une table pour enfin déterminer une cohérence qui nous manque tant dans le développement de notre territoire.

- Et pour finir de façon plus pratique et urgente, nous demandons à ces mêmes protagonistes de nous dire quelles mesures d’importance ils vont prendre et avec quelle traduction budgétaire, afin de réduire les impacts des nuisances indéniablement attendues dans un avenir très proche ».

Nous en reparlerons sans doute au prochain Conseil municipal du 16 novembre !

 

Commentaires 

 
0 #1 beton 01-11-2017 22:38
Toujours le béton et la circulation. Libérez nos campagnes !
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