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Pitoyable : Cœur d’Essonne Agglomération sous tension

 

J’ai assisté ce 12 octobre au Conseil Communautaire de Cœur d’Essonne Agglomération au Plessis -Pâté. 52 points étaient inscrits à l’ordre du jour de la séance officielle programmée à 20h, mais qui était précédée d’une « collation » réservée aux élu-e-s à 19h. Pour certains la digestion a été un peu perturbée, car (pour une fois !) tout ce n’est pas totalement déroulé comme prévu. Et même si les principaux protagonistes ont fait preuve d’amabilités avec une superbe langue de bois, les couteaux étaient bien sortis…

Tout d’abord, plusieurs de nos « barons » locaux se sont montrés agacés et très méprisants face au comité d’accueil des militants de l’Union locale CGT de Corbeil qui distribuaient pacifiquement un tract pour dénoncer les licenciements abusifs au SIREDOM (Syndicat Intercommunal pour le Recyclage et l’Énergie par les Déchets et Ordures Ménagères). Pourtant, plusieurs élus de l’Agglomération siègent à ce titre au sein de ce syndicat qui regroupe 140 communes autour des mêmes objectifs de prévention, traitement et valorisation des déchets sur le territoire. Mais visiblement ces élus (employeurs) ne se sentent pas véritablement concernés par la « gestion » du personnel… En effet la préoccupation principale ce jeudi était d’élire un nouveau Président de l’Agglomération et une ribambelle de vice-présidents et de conseillers délégués, afin que chacune des 21 villes soit représentée, avec accessoirement pour les intéressé-e-s les indemnités qui vont avec !

Ce renouvellement du Bureau communautaire était rendu nécessaire suite à l’élection d’Olivier Léonhardt au Sénat le 24 septembre dernier (voir ICI). La nouvelle loi sur le cumul des mandats impose aux nouveaux parlementaires élus une démission d’office de leurs mandats exécutifs locaux. Le Président de l’Agglomération s’y est donc résolu, sans doute sans joie, mais semble-t-il aussi « sans amertume », fier « de la solidarité sans faille » au sein de l’Agglo. Il va également transmettre son poste de maire à Frédéric Petitta lors du Conseil municipal de Ste Geneviève des Bois le 17 octobre.

Mais rassurez-vous, Olivier Léonhardt reste quand même conseiller municipal et conseiller communautaire. Il se considère d’ailleurs avant tout comme le « sénateur de Cœur d’Essonne », alors qu’il est élu sur une liste qui a vocation à représenter tout le département. Après le traditionnel et récurrent hommage à Pierre Champion, père fondateur du Val d’Orge, de la Sorgem et tutti-quanti, il a donc rappelé le combat mené pour « conserver une agglo de proximité » (fusion Val d’Orge / Arpajonnais), dressé un bilan élogieux du travail réalisé depuis janvier 2016 et présenté la candidature d’Eric Braive, maire de Leuville, président de la Sémardel (société d’économie mixte d’action pour la revalorisation des déchets et des énergies locales qui gère le site de Vert-le-Grand et dont la Cour des Comptes, dans un rapport au Premier Ministre le 15 juin dernier se montre très critique sur la gestion. (Lire ICI). Je ne détaillerai pas ici le parcours politique, assez sinueux paraît-il, d’Eric Braive. J’ai simplement noté que malgré un deal passé entre Olivier Léonhardt (désormais classé ex-PS, divers gauche « progressiste» majorité présidentielle) et Bernard Sprotti (« divers droite », maire de Breuillet, ancien Président de l’Arpajonnais et premier vice-président de Cœur d’Essonne Agglomération), la candidature d’Eric Braive n’a pas fait consensus. 59 votants, 40 bulletins pour Eric Braive et 19 bulletins blancs ! Certes le verrouillage préalable du Bureau communautaire, qui s’était vu imposé ce choix le 29 septembre, a bien fonctionné en tuant dans l’œuf toute contestation sur la méthode et la gouvernance opaque et très peu démocratique de l’Agglo. Cependant, la couleuvre était trop dure avaler pour l’ambitieux maire (UDI) de Brétigny, président délégué du Conseil départemental et relégué à la 6e place dans l’ordre protocolaire des vice-présidents, en charge par ailleurs d’une délégation très peu attractive à l’extérieur. Chargé des finances, il a le rôle austère et ingrat de tenter d’équilibrer des budgets de plus en plus à la dérive… Il a donc pris courageusement la parole pour, à la suite des hommages convenus à Pierre Champion et Olivier Léonhardt, dénoncer la rapidité de ce choix, sans véritable débat sur la gouvernance et « sans même que soit posé les bases du projet de territoire ». Il a donc annoncé qu’il voterait blanc et semble avoir pris date pour l’avenir en déclarant que « le consensus ne se décrète pas, il se construit ». Comme chaque intervention était ponctuée d’applaudissements dans un public essentiellement composé de collaborateurs et supporters des principaux barons locaux, je dois vous avouer qu’à ce moment là je n’ai pas hésité à applaudir. N’y voyez aucun rapprochement à la cause du maire de Brétigny, mais simplement le salut à un discours qui fait du bien à entendre dans cette assemblée (notamment sur l’absence de projet de territoire que je dénonce depuis le lancement du processus de fusion) et le respect pour un élu qui à toujours pris soin d’être attentif à mes remarques lorsque je siégeais à la commission des finances.

Mais revenons à la tambouille avec quelques éléments sur le deal Leonhardt/Sprotti. Eric Braive est d’abord totalement dépendant d’Olivier Léonhardt, dont il conserve la totalité des collaborateurs politiques au sein d’un cabinet pléthorique. Bernard Sprotti en échange se voit confier une délégation plus étendue (transports, déplacements, suivi du projet de territoire et programme pluriannuel des investissements). Ce dernier aspect était complètement inacceptable pour Nicolas Méary, dont la délégation aux finances est ainsi réduite au simple rôle d’obscur comptable. Quoiqu’il se proclame désormais complètement détaché des petits jeux d’appareils (un comble pour le principal collaborateur historique de Julien Dray, dans tous les coups tordus !) Olivier Léonhardt a encore une fois démontré sa capacité à comploter en coulisse. Pour mettre Eric Braive sur un piédestal, il lui fallait neutraliser une partie de la droite, ne pouvant pas satisfaire tout le monde. Il a choisi de s’allier avec le plus âgée (moins dangereux pour l’avenir) et d’élargir ainsi la fracture ouverte au sein de la droite depuis les dernières élections législatives. Bernard Sprotti et Nicolas Méary se sont en effet durement affrontés dans la 3e circonscription… Et ont été tous les deux piteusement éliminés dès le premier tour !

Les règlements de compte en série...

L’assemblée devait ensuite procéder, comme l’exige la loi, à la réélection de 15 vice- Présidents et de 5 Présidents délégués (un par commune quelle que soit la taille). Mécanique très longue, avec pour chaque poste appel nominal des 59 conseillers communautaires et dépouillement des bulletins. Je vous épargne la plupart des résultats (le site de l’agglomération vient de mettre en ligne la liste du bureau communautaire - c'est ICI - mais sans les délégations de chacun des membres), qui n’appellent pas de remarque particulière, pour m’attarder sur deux votes:

La fronde de Nicolas Méary sur le vote concernant Eric Braive a créé une grosse tension. Celle-ci est désormais fondatrice d’une fracture au sein du consensus mou, cher à Pierre Champion. Ainsi, lors du vote pour le 6e Président, Nicals Méary a du se contenter de 36 voix... et 23 bulletins blancs !

Et puis arriva le psycho-drame Saint-Michellois…

Je remets ICI pour les non initiés le lien vers l’article ou j’expliquais il y a déjà plusieurs mois la préparation du putsch de Sophie Rigault pour dégager Bernard Zunino du poste de Maire de St Michel. Tous ceux qui ont cru au roman de rose sur la fatigue du maire et son souhait de transmettre le témoin, comme convenu parait-il dans un accord secret, en seront une nouvelle fois pour leur frais. Pour l’élection du 4e vice-président, au nom de la continuité et de la stabilité du bureau communautaire Eric Braive présente la candidature de Bernard Zunino. A peine a-t-il le temps de finir la phrase rituelle pour savoir s’il y a une autre candidature, Sophie Rigault se saisit du micro et demande la parole. Elle est candidate pour représenter la ville de Saint-Michel, étant devenue maire depuis avril dernier. Cette candidature est effectivement logique dans ce système de fonctionnement antidémocratique de l’agglomération. Tout se passe et tout se décide dans le plus grand secret au sein du Bureau communautaire, composé exclusivement des maires des 21 communes. Le Conseil communautaire composé de 59 représentants des différents conseils municipaux n’étant qu’une chambre d’enregistrement. Candidature logique donc qui aurait du être validée sans difficulté si Bernard Zunino, totalement silencieux, avait retiré sa candidature. Eh bien non. D’où un vote assez surréaliste pour départager deux Saint-Michellois : le maire sorti et le nouveau maire ! Avec un résultat net : 5 bulletins blancs, 40 voix pour Bernard Zunino et seulement 14 voix pour Sophie Rigault. Si cette dernière n’a pas tort de dénoncer un choix qui a été imposé par des élus non St Michellois (notre ville ne dispose que de 6 sièges sur 59) elle doit aussi faire preuve d’un peu plus de modestie. Tout d’abord elle a été totalement incapable de gérer en amont son conflit avec Bernard Zunino. C’est vrai que depuis 6 mois, elle ne le ménage pas. Tout d’abord elle le rétrograde 9e adjoint et l’humilie en lui confiant la délégation à la culture, pour laquelle il n’a pas son mot à dire. Ensuite dès qu’elle est mise en difficulté sur un certain nombre de dossiers municipaux, elle en impute la responsabilité à l’ancien maire… dont elle a été depuis 9 ans la première adjointe « totalement solidaire ». Et c’est la même fuite en avant vis-à-vis de l’agglomération. Sophie Rigault se plaint de ne pas être au courant des dossiers de l’agglo. Pourtant depuis 9 ans elle est membre du Conseil communautaire. Mais il est vrai qu’elle a essentiellement brillé par ses absences à répétition et ses silences lors de ses quelques apparitions. Sans oublier le mépris dans lequel elle a l’habitude de tenir les élus qui ne figurent pas dans sa petite cour… Bref Sophie Rigault se pare d’un costume vertueux : pauvre victime injustement boutée du bureau communautaire, elle n’assume plus rien : Tout ce qui ne va pas à St Michel, c’est soit la faute de Bernard Zunino, soit la faute de l’agglomération ! Tout ceci vole bien bas…

Et l’agglomération dans tout ça ?

De cette soirée de dupes et de petites bisbilles politiciennes, je retiens surtout deux choses :

1/ Olivier Léonhardt reste de fait de patron de l’agglo en s’appuyant sur le binôme docile Braive/Sprotti pour gérer le quotidien au coup pas coup, l’essentiel des affaires étant entre les mains de Frédéric Petitta, 3e vice-président, futur maire de Saint-Geneviève des Bois et surtout puissant président de la SORGEM.

2/ Cœur d’Essonne Agglomération n’a toujours pas formalisé l’ébauche d’un projet de territoire. La gestion est opaque, les finances sont dans le rouge, les conseils municipaux, pourtant élus au suffrage universel, sont tenus à l’écart. Quand aux habitants on fait tout pour qu’ils n’y comprennent rien dans qui fait quoi. C’est la meilleure façon pour qu’ils ne s’en mêlent pas… Pitoyable !

(Je vous présenterai dans une prochaine note un résumé des autres questions, plus essentielles, qui étaient à l’ordre du jour)

 

Commentaires 

 
0 #7 GOMEZ 26-10-2017 07:46
Merci Jean Louis pour son compte rendu très explicite.

Je suis personnellement écoeurée par les pratiques de Sophie Rigault qui cumule plusieurs mandats et un travail de Directrice ( conseillère ) a l'AMIF. Ou comment se gaver sans rien faire car en étant soit disant partout elle est du coup nul part.

Elle n'a pas hésité a mettre au placard sa chef de cabinet pour installer sa copine Montrigaut qui est nulle.

Si elle destitue de son poste B. Zunino comme elle doit en avoir envie, celui-ci emmènera avec son départ une partie de la majorité qui lui est restée fidèle et donc élection municipale ou Rigault sait très bien qu'elle ne sera pas élue. Donc elle serre les dents et fait avec.

Après tout ce que B. Zunino a fait pour elle, quelle ingrate ....
elle n'a pas le melon mais une citrouille a la place de la tête !

Profitez en chers et chères élu(e)s en 2020 c'est fini.
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0 #6 Jacques 19-10-2017 07:18
Merci Jean-Louis pour ton compte-rendu très détaillé qui permet de comprendre le jeu d'acteurs qui se déroule au-dessus de nos têtes... mais dont nous subissons les conséquences.
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0 #5 Jean-Pierre Lecocq 16-10-2017 22:43
Ce sont des agissements atterrants!
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+2 #4 Arnold STASSINET 16-10-2017 09:18
M. ZUNINO ne se préoccupe que de sa retraite complémentaire que constitue pour lui l'indemnité de vice-président de l'agglomération. D'ailleurs Jean-Louis, tu ferais bien de rappeler combien touche M. ZUNINO en cumulant le poste de maire-adjoint à la culture et celui de vice-président de l'agglomération. Ensuite si Mme RIGAULT est légitimement en mesure de lui reprocher le fait d'écarter le maire de ce système de représentation, en dépit de ce jeu anti-démocratique, elle n'a qu'a lui retirer sa délégation à la culture ce qui fera tomber son indemnité de maire-adjoint à laquelle elle est attachée en ne lui laissant que le poste d’adjoint tout à fait honorifique.
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0 #3 Habitant91240 15-10-2017 09:19
Merci pour cet article éclairant et hélas inquiétant pour l'avenir de notre Agglo.
Mr Léonard ne veut voir dépasser aucune tête,surtout si elle est jeune ; les coups bas vont continuer mais à la fin n'est-ce pas la jeunesse qui gagne ?
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0 #2 François Sylvie 14-10-2017 19:54
Merci beaucoup Monsieur de nous tenir toujours aussi bien au courant de ce qui nous concerne tous.
Cordialement
Sylvie
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+4 #1 Habitant 14-10-2017 08:50
Une vraie tambouille politicarde affligeante
ou est l'intérêt général? Ces élus n'ont rien à faire des citoyens
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