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Conseil Municipal du 12 juillet 2017 : Inquiétudes financières et environnementales

 

 

Visiblement Sophie Rigault avait hâte d’en finir avec cette première séquence de sa prise de pouvoir afin de permettre, à l’issue d’une période politique très intense, à chacun de prendre un peu de vacances… C’est sans doute pourquoi nous avons eu droit, quelques heures avant la séance, à la diffusion par courriel de quelques informations et documents. Je vous en livre deux rapidement :

- « Le montant des sommes dues par les locataires du Karma (bar-restaurant propriété de la ville au 1 place Marcel Carné) s’élève à 46 560 € à la fin du mois de juin 2017. Le bail est en cours de résiliation devant le tribunal de Grande Instance d’Evry. L’audience a eu lieu le 4 juillet dernier. Les titulaires du bail commercial ne se sont pas présentés. Nous avons sollicité l’acquisition de la clause résolutoire (résiliation du bail pour non-paiement des loyers) et la condamnation au paiement de la dette locative. La date du délibéré a été fixée au 25 juillet prochain. Quant aux perspectives, elles restent à définir… » Je rappelle que la ville a déjà du abandonner une créance de 83 423,59 €, en mai 2016 auprès du précédent locataire de l’ex Macadam.

- « Le coût de l’opération médiathèque est de 5 621 401, 26€ HT soit 6 745 681, 41€ TTC ». C’est donc une augmentation d’un peu plus de 15% par rapport au coût initial prévu. Celle-ci provient essentiellement des surcoûts engendrés par le désamiantage de ce bâtiment que la ville a acheté 675 000 € en 2012. Au total la nouvelle médiathèque va donc coûter près de 9 millions d’euros ! Certes, il fallait restaurer et moderniser la bibliothèque Marie Curie, située en face le collège Boileau, avenue de St Saens. Mais fallait-il dépenser 9 millions d’euros pour ce nouveau bâtiment, au cœur d’un centre commercial à la fois dégradé et déserté ?

Analyse des besoins sociaux

Avant d’aborder l’ordre du jour, qui comportait 14 délibérations, nous avons eu une présentation des conclusions du rapport sur l’Analyse des Besoins Sociaux (ABS) réalisé par le cabinet ENEIS Conseil (coût 14 625 € HT). Cette présentation extrêmement intéressante (près de 45 mn très dense en chiffres et constat) aurait mérité un vrai débat. Hélas, comme nous avons découvert le document en séance il était très difficile de réagir à chaud. J’y reviendrai donc dans un prochain article dès que le document « papier » nous sera (enfin !) transmis. Notons dès à présent que le cabinet a pointé d’importantes carences de la politique municipale auprès des jeunes et des personnes âgées. La réalité est effectivement bien différente des actions de communication que mène la municipalité dans ces deux domaines. L’analyse présentée est d’ailleurs assez accablante sur l’important déficit en direction de la jeunesse, secteur dont Sophie Rigault avait la charge en tant qu’adjointe depuis 2008 !

Le projet d’aménagement des abords de l’Hôtel de Ville

La principale délibération concernait la désaffectation et le déclassement des parcelles pour la cession des terrains (parking devant l’Hôtel de Ville et serres municipales, rue des Processions) au promoteur Promogim. Comme une fois de plus, Sophie Rigault a tenté de dénaturer mes propos, sans avancer le moindre argument, vous trouverez ci-dessous l’intégralité de l’intervention que j’ai lue.

« Lors du Conseil municipal du 27 juin 2016 nous avons eu un long débat sur ce dossier. Un an après les zones d’ombres que nous avions évoquées sont toujours là. Notre opposition sur ce dossier reste donc plus que jamais d’actualité.

Il y a tout d’abord la densification progressive de tout le quartier ancien, au coup par coup et au gré des sollicitations de divers promoteurs. La résidence de l’Ecrin (50 logements) va bientôt être livrée, rue de l’Eglise. Le chantier à l’angle de la rue des Processions et de la rue des Tiphoines (31 logements) se poursuit. Une nouvelle résidence de 42 logements est en cours de commercialisation au 70 rue des Tiphoines et devant l’Hôtel de Ville nous aurons bientôt 108 logements supplémentaires, en attendant la concrétisation de nouveaux projets de construction d’immeubles sur d’autres terrains du quartier en cours de négociation. Tout ceci se poursuit sans la moindre réflexion d’ensemble sur le cadre de vie, les circulations et l’assainissement, avec à très court terme des problèmes importants pour les familles qui ne trouveront pas à proximité immédiate une école pour accueillir leurs enfants.

Par ailleurs nous avions émis quelques réserves sur les conclusions du commissaire enquêteur désigné par le Tribunal Administratif suite à l’enquête publique sur la modification du PLU. Notons qu’il nous a fallu presqu’un an pour obtenir communication, grâce à un avis favorable de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, de deux études (étude de sol et analyse hydraulique) que la municipalité ne voulait pas nous communiquer. Mais à peine venons-nous de prendre connaissance de cette fameuse étude de sol, on apprend maintenant qu’un seconde a été demandée par le promoteur retenu. Et celle-ci est beaucoup plus alarmante si l’on en croit les principaux éléments qui apparaissent dans la note qui nous est présentée ce soir. (surcoût de travaux estimé à 650 000 € pour réaliser une dalle portée pour résister aux sous-pressions dues à la présence d’eau souterraine, la mise en place d’un biocofra pour aménager un vide sous les dalles afin de supprimer le contact entre le sol et la surface de dallage, un cuvelage total du sous-sol pour empêcher l’infiltration d’eau dans le sous-sol, la mise en place d’environ 200 pieux de 13 mètre de profondeur, un rabattement de la nappe en phase de chantier pour pouvoir réaliser les voiles périmétriques ainsi que des fondations à sec). Nous confirmons ce soir notre souhait d’être destinataire de l’intégralité de cette étude complémentaire, dans la mesure où elle remet en cause le prix de vente de 3 millions d’euros qui avait été conclu dans la promesse de vente. Celle-ci doit donc être portée à la connaissance du Conseil municipal et des contribuables, directement impactés par cette baisse d’une recette de 150 000 € sur le budget de la commune.

J’évoquerai brièvement la fameuse étude de marché pour l’implantation de commerces devant l’Hôtel de Ville. Bien qu’indiquée par la municipalité elle-même dans son mémoire en réponse au commissaire enquêteur et reprise par ce dernier dans ses conclusions, cette étude n’était semble-t-il qu’une rumeur et n’existe donc pas. Alors que de très nombreux locaux commerciaux demeurent inoccupés un peu partout dans la ville, nous avons un peu l’impression que les habitants qui ont soulevé légitimement la question de la viabilité de commerces dans ce quartier ont été pris pour des idiots !

Enfin revenons aux aspects financiers inquiétants de cette opération.

Si nous avons bien compris le raisonnement de départ de la municipalité, le produit de la vente des parcelles à Promogim devait permettre de financer les travaux de réhabilitation du Centre de la Guette suite au transfert des serres municipales, plus l’extension de l’aile nord de l’Hôtel de Ville, l’agrandissement du parking Gambrinus, parc Jean Vilar et le réaménagement de la place devant l’Hôtel de Ville. Nous avons même lu dans le document qui a servi de support à la pseudo concertation sur le choix du projet il y a un an, « qu’une partie des sommes issue de la vente des terrains du secteur de l’Hôtel de Ville viendra soutenir le financement de la rénovation et de l’extension de l’école Jules Verne », située à l’autre extrémité de la ville à Villagexpo !

Aujourd’hui donc, pouvez-vous nous expliquer comment avec une recette réduite à 2 850 000 € vous allez pouvoir financer tout ceci. Nous avons demandé lors du Conseil municipal du 27 juin 2016 communication de tous les coûts prévisionnels pour ces diverses études et travaux. Le courriel précis adressé à votre prédécesseur le 20 aout 2016 est comme la plupart du temps resté sans réponse. Sauf si vous nous démontrez le contraire ce soir, une chose est quasi certaine : à la vue des différents chiffres que nous avons pu glaner ici ou là à la lecture des décisions et des marchés conclus, les études et travaux déjà engagés pour la réhabilitation du centre de la Guette et l’agrandissement de l’Hôtel de Ville dépasseront sans doute les 2 850 000 € de recettes… Outre la détérioration de notre cadre de vie, cette opération risque de couter encore une fois très chère aux St Michellois ! »

Ce dossier, loin d’être clos (je vais écrire au Président du Tribunal Administratif qui a désigné le commissaire enquêteur pour la modification du PLU) nécessitera d’autres développements. C’est le cas en particulier de l’extension du parking du Gambrinus qui va réduire la surface du parc Jean Vilar. La société qui s’est vue attribuer la mission de maîtrise d’œuvre (27 570 € TTC) pour ces travaux, a semble-t-il un peu de mal à boucler des solutions techniques cohérentes et crédibles pour organiser 105 places de stationnement contre 15 actuellement. Là encore le bétonnage va provoquer quelques problèmes chez les riverains pour l’évacuation des eaux de pluie. Quant à la régulation de la circulation rue d’Enfer, la question de l’installation d’un feu est posée… compte-tenu du passage très étroit de l’entrée, qui servira aussi de sortie !

En attendant, je vous souhaite d’agréables vacances. Je fais aussi une petite pause, mais je reviendrai très vite pour évoquer les autres questions abordées lors de ce Conseil municipal.

 

Commentaires 

 
0 #3 NBP 14-07-2017 20:27
Le projet d'adjoindre la mediatheque au centre culturel Baschet avait ete ecarté parce que trop couteux ...
Il y a une belle esplanade seulement partiellement et ponctuellement utiliséee juste devant la salle de spectacle. L'acces de la future mediatheque (ou bien par l'interieur d'une centre commercial tres deprimant ou bien par des parkings tres dangereux ...ou bien par le chemin centre social et tennis couverts qui est egalement assez effrayant ...)
Quel gachis !!!!!

Pourrait-on envisager une annexe/une depot livre/un tout petit local pour recuperer les reservations et rendre les livres a des heures tres ciblées prés du conservatoire (mercredi apres-midi) ?
de nombreuses familles se retrouvent bien dans l'embarras et privées des trajets à pied vers Marie Curie pendant les cours des uns et des autres voire meme d'un lieu de rendez-vous pour les plus grands qui pouvaient faire ce trajet seuls en attendant les parents ou les plus petits encore en cours ...
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0 #2 Question 14-07-2017 09:52
Bonjour monsieur Berland,
Avez-vous des informations sur l'application à St Michel de la suppression progressive de la taxe d'habitation promise par le président macron ?
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0 #1 GLP 13-07-2017 17:07
Merci encore une fois JLB pour ce compte-rendu. Oui il sera intéressant de connaître les constats sur les besoins sociaux dans la ville. On perçoit effectivement une augmentation de la précarité et des problèmes de scolarisation pour certains enfants de familles mono-parentales. Plus bien sur toujours ces nombreux logement vides dans plusieurs résidences du Bois des Roches
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