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Olivier Léonhardt se trompe d’élection !

 

 

J’ai reçu il y a quelques jours dans ma boite aux lettres, comme tous les Saint-Michellois (et je suppose tous les « Cœur-essonniens » !) un courrier sous enveloppe d’Olivier Léonhardt, président de Cœur d’Essonne Agglomération et maire de Sainte-Geneviève-des-Bois. Dans cette lettre, comme pour justifier son engagement en tant que suppléant du député sortant, Olivier Léonardt vante avec un aplomb incroyable « le travail complémentaire » qu’il a mené avec Malek Boutih « pour les 4 communes de notre agglomération qui font partie de la 10e circonscription ». J’ai plutôt perçu de mon coté des mauvais coups du député pour nos communes. Pendant 5 ans, en soutenant les budgets présentés par les gouvernements Ayrault et Valls, Malek Boutih a en fait cautionner, non seulement les politiques d’austérité et de démantèlement des services publics, mais aussi les baisses drastiques des dotations versées aux communes et aux intercommunalités. Olivier Léonhardt a même fait voter par son conseil municipal et par le conseil communautaire des motions émanant notamment de l’Association des Maires de France pour dénoncer ces décisions et demander un moratoire. Il en a même fait la raison principale pour justifier la hausse des taux des impôts locaux à Sainte-Geneviève-des-Bois en 2016. Sur cet aspect, nous sommes donc très loin d’un travail complémentaire, sauf si ce n’est que du double langage !

L’autre exemple donné par Olivier Léonhardt est encore plus étonnant : Malek Boutih aurait eu un « engagement décisif » auprès du Premier ministre pour empêcher la fusion du Val d’Orge dans le «  Grand Evry ». Rappelons les faits :

- le regroupement imposé des agglomérations provient de la fameuse loi du 27 janvier 2014 de Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (MAPTAM). Cette loi a été votée par Malek Boutih.

- Olivier Léonhardt a effectivement mené une bataille médiatique très couteuse (plus de 150 000 € d’argent public) pour tenter d’obtenir une dérogation et préserver les limites du Val d’Orge à 10 communes. Outre le fait que le député Boutih n’a absolument joué aucun rôle dans le dénouement de ce dossier, la résolution de celui-ci ne constitue pas un grand succès pour le président de l’agglomération. Tout d’abord le Val d’Orge s’est vu imposé une fusion expresse avec la communauté de communes de l’Arpajonnais. Cette fusion, mal préparée et mal négociée, s’est traduite par une perte sèche annuelle de plus de 9 millions d’euros dans les caisses de Cœur d’Essonne Agglomération du fait du retrait de trois communes (Lardy, Boissy-sous-Saint-Yon, Saint-Yon). D’où aujourd’hui un déficit structurel qui plombe sérieusement l’agglomération d’autant plus que les aménagements un peu inconséquents pour la zone Val Vert et la base aérienne de Brétigny tardent à se concrétiser en termes d’implantations réelles d’entreprises et de rentrées fiscales effectives. Mais la plus grande escroquerie intellectuelle provient d’un contournement habilement monté avec le Premier Ministre de l’époque Manuel Valls. L’agglo Cœur d’Essonne sous prétexte d’un partenariat avec l’agglo autour d’Evry (Grand Paris Sud) est totalement intégrée dans un Contrat d’Intérêt National. C’est ce cadre qui va déterminer toutes les opérations d’aménagement, de développement économique et d’habitat à travers la mise en place Groupement d’Intérêt Public, super structure technocratiques située au dessus et sans aucun contrôle des deux instances communautaires désignée. Contrairement aux affirmations d’Olivier Léonhardt, le Val d’Orge a complètement perdu sa bataille de préservation d’une entité à taille humaine et est totalement sous la coupe d’un Grand Evry qui correspond à celui qu’on était sensé ne jamais rejoindre…

Et que dire d’autres domaines dans lesquels le soutien inconditionnel de Malek Boutih aux gouvernements de François Hollande a eu des répercussions très négatives pour les habitants de la 10e circonscription. Citons, la surpopulation carcérale à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, la baisse continue des effectifs de police au commissariat de St Geneviève des Bois, les réductions drastiques de moyens pour la santé publique avec la quasi disparition de beaucoup de services de proximité ou encore la réforme bâclée des rythmes scolaires avec des surcoûts à la charge des communes…

Et que dire encore du décalage entres les coups de gueule médiatiques de Malek Boutih dans le confort des studios parisiens et l'abandon des quartiers populaires dans la 10e circonscription. Le député ne s’est jamais vraiment mobilisé contre les conséquences des lois dites de décentralisation et d'organisation des territoires depuis 15 ans qui ont entraîné à la fois un affaiblissement de l'Etat stratège, une dilution des services publics de proximité, un renforcement des pouvoirs des potentats locaux au grand détriment des citoyens complètement écartés des lieux de décision et un abandon des communes dont les moyens ne cessent de régresser, alors qu'elles sont les cellules de base de la démocratie et de la République. Cœur d'Essonne Agglomération compétente en matière de « politiques de la ville » gère ce dossier dans l'opacité la plus totale. Les quartiers prioritaires à Ste Geneviève, Fleury et St Michel, ne sont pas pris suffisamment en considération. Le silence du député est assourdissant. Cœur d’Essonne Agglomération ventile l'essentiel des crédits sur le développement du triptyque Croix Blanche - Val Vert - Base aérienne de Brétigny en lien étroit avec GPS (pour l'aménagement de la zone qui doit se substituer au Grand Stade de Rugby, retoqué !). Des millions d'euros pour des tonnes d'études et des travaux d'aménagements confiés aux cabinets et entreprises amies (voir à ce sujet les différentes enquêtes de Mediapart sur la corruption en Essonne). Résultat : argent public gaspillé, patronat rassasié avec bien souvent des délocalisations "subventionnées", petits boulots précaires, étalement urbain accéléré au détriment des cœurs de villes et de quartiers sacrifiés, terres agricoles raréfiées, malgré l'alibi de quelques hectares bio et de l'implantation de quelques bâtiments à haute définition environnementale.

En fait Olivier Léonhardt se trompe d’élection. Conscient du bilan totalement négatif du travail législatif des députés PS élus en 2012, accentué dans notre circonscription par une absence totale de Malek Boutih sur le terrain, le Président de l’Agglomération tente de sauver la face en repositionnant l’élection sur le terrain communal et communautaire. Dans les faits, comme progressivement sur les tracts électoraux et les affiches, Olivier Léonhardt mène la campagne, le député sortant n’étant qu’un supplétif. Pourtant adepte du « pragmatisme » qu’il emploie systématiquement pour contrer ses contradicteurs (qu’il juge d’abord comme des idéologues forcément sectaires) et tenter de faire oublier sa carte au PS (est-ce si honteux ?), Olivier Léonhardt n’a toujours pas compris que cette langue de bois exaspère au plus haut point. De plus elle discrédite auprès d’une très large partie de la population la fonction d’élu. Méprisant vis-à-vis de tous ceux qui n’ont pas fait allégeance, peut-on suggérer à ses courtisans de lui indiquer que les élections municipales et communautaires auront lieu en mars 2020. Les 11 et 18 juin 2017 nous sommes appelés à voter pour élire un député, représentant du peuple, pour faire la loi et en rendre compte régulièrement à la population !

 

Commentaires 

 
0 #1 M.T.L. 06-06-2017 21:14
Merci Jean-Louis pour tes réflexions sur la réalité d'une situation que nos élus travestissent si facilement et
honteusement. Ce qui déshonore la politique et conduit les citoyens à se
désintéresser de celle-ci. Je fais suivre à mes connaissances.
MTL
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