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Election législative, 10e circonscription : Recomposition – décomposition - confusion !

 

Il y aura donc 10 candidats à l’élection législative dans la 10e circonscription qui regroupe les villes de Fleury-Mérogis, Grigny, Morsang-sur-Orge, Sainte-Geneviève-des-Bois et Saint-Michel sur Orge. C’est beaucoup, mais c’est aussi moins que dans les 9 autres circonscriptions de l’Essonne. (Voir ICI le détail) Dans cette période de recomposition politicienne autour du Président de la République et de son Premier ministre de droite, de nombreux citoyens sont un peu perdus après la débâcle des deux partis (PS et droite) qui monopolisaient tous les pouvoirs depuis le début de la V République en 1958. Les interrogations sont importantes quand on voit le triste spectacle des retournements de veste, coups de poignard dans le dos et autres zigzags stratégiques ou contorsions programmatiques de nombreux candidats. Un petit tour d’horizon des principales candidatures (je n'évoque pas celle de Lutte ouvrière et une autre non identifiée) s’impose dans notre circonscription :

- A l’extrême droite, le Front National présente une parfaite inconnue. Mme le Pen a obtenu 16,89% au premier tour de la présidentielle, puis 27,87%, très en deçà de son faible score national. Le FN devrait être (et c’est tant mieux !) en dessous de son score de 15,58% aux législatives de 2012. Le parti est en plein doute et les règlements de comptes commencent. Contestée et fragilisée par des orientations politiques démagogiques, inapplicables et bien souvent contradictoires, le FN avance à reculons dans cette élection. Une campagne à minima, avec quelques slogans en guise de programme et sans stratégie, si ce n’est une opposition systématique pour nourrir encore davantage les peurs. Détestable !

- Le parti Debout la France de Dupont-Aignan est lui aussi percuté de plein fouet. L’alliance avec le FN au 2e tour, puis la rupture pour les législatives laisse un parti en faillite financièrement, mais aussi diminué par de nombreux départs et isolé stratégiquement. Dupont-Aignan n’a plus les idées claires et vise seulement à récolter un peu d’argent du financement public des partis. Sa candidate (Valérie Fleury) est présente dans cet unique but. Pitoyable !

- La droite est de nouveau représentée par Marianne Duranton, conseillère régionale UDI, élue à Morsang. En 2012, elle avait obtenu 18,92% au 1er tour, puis s’était nettement inclinée au second avec seulement 43,16% des voix. Sur le papier, elle pouvait espérer un meilleur score cette année au premier tour, puisque cette fois-ci sa candidature est également soutenue par Les Républicains (ex UMP). Mais cet affichage d’une union de la droite et du centre semble un peu « patiner ». Sur le plan du programme et des idées, au delà du rafistolage des plus funestes propositions du candidat Fillon (seulement 14,88% au premier tour de la présidentielle dans la circonscription), ça ressemble plutôt à une campagne pour des élections cantonales, alors qu’il convient d’élire des députés pour faire les lois à l’Assemblée Nationale. De plus le casting n’est guère enthousiasmant avec le choix controversé de Bernard Zunino comme suppléant. Avant d’être éjecté de son poste de maire de Saint Michel (lire ICI). Bernard Zunino avait reçu l’investiture officielle des Républicains. Il est passé discrètement à la trappe cet hiver juste après les primaires de la droite, faute d’avoir exprimé clairement un choix. Résultat : quand dans les négociations nationales les Républicains ont du céder quelques places pour les « centristes » de l’UDI, il n’y avait personne pour défendre le maintien de sa candidature. Par ailleurs, Sophie Rigault, omniprésente dans les instances départementales des Républicains, a validé le dispositif qui évite que Bernard Zunino lui fasse encore un peu d’ombre… en cas d’élection surprise. Mais le binôme a bien du mal dans ce début de campagne. Même si le suppléant est parfois pris pour le titulaire lorsqu’on regarde l’affiche de campagne, sa notoriété ne dépasse guère St Michel et son titre de vice président de Cœur d’Essonne Agglomération est loin d’être un atout, tant beaucoup savent bien qu’il est totalement sous l’emprise du Président Olivier Léonhardt. S’ajoute également des orientations stratégiques différentes au sein de la droite, comme partout en France, après le débauchage et la nomination de d’Edouard Philippe, comme Premier ministre. On voit notamment un clivage générationnel s’affirmer. Sophie Rigault reste assez en retrait de cette campagne. Aux primaires de la droite, elle soutenait Bruno Le Maire, devenu aujourd’hui ministre de l’économie du Président Macron. Son mentor, Stéphane Beaudet (maire de Courcouronnes, vice-président du Conseil régional) fait partie des élus qui souhaitent répondre « à la main tendue » de Macron. La réserve est la même du côté de Sophie Godar, récemment promue chef de cabinet du maire de St Michel, et par ailleurs conseillère municipale de Ste Geneviève des Bois. Aux primaires de la droite, elle soutenait Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), qui aujourd’hui semble elle aussi vouloir franchir le pas d’un rapprochement avec Macron… Vous ajoutez à ceci la plupart des élu-e-s Modem, qui de Grigny à Ste Geneviève en passant par St Michel, lorgnent très ouvertement vers le conglomérat Macron, les candidats de la droite risque de se trouver privés pour la première fois dans cette circonscription d’un deuxième tour…

- Du côté d’En Marche, devenu La République en Marche (LREM !), on compte surfer sur la vague Macron des présidentielles : 24,34% au premier tour dans la circonscription. Il est difficile en ce début de campagne de jauger réellement les capacités électorales de ce jeune mouvement. Le candidat Pierre-Alain Raphan et sa suppléante Sylvie Gibert, conseillère départemental (Modem) de Grigny apparaissent bien sympathiques et relativement neufs, avec cette désignation en forme d'entretien d'embauche d'une start-up. Ils ont néanmoins du mal à sortir du casting pour développer sérieusement un programme inquiétant avec l'aggravation de la loi El Khomri. Ils seront sans doute poussés par l’élan que va tenter d’insuffler le nouveau gouvernement, malgré l’élection par défaut de Macron. Mais leur problème essentiel, au-delà de la conceptualisation d’un programme ultralibéral de casse sociale aligné sur l’Allemagne et les injonctions des banques et des milieux d’affaires, sera de s’extraire de la concurrence déloyale du député sortant Malek Boutih.

- Malek Boutih : quelle ligne et combien de coups tordus ? Qu’il est loin le temps où j’ai milité avec Malek sur des causes de Gauche et des luttes sociales ancrées dans la vie quotidienne, au service du plus grand nombre et de l’intérêt général. On l’a vu à la manœuvre éjecter son mentor, Julien Dray, il y a 5 ans. On rien vu par contre de son travail à l’Assemblée nationale tout au long de ce mandat et on ne l’a pratiquement jamais vu dans la circonscription. Question bilan, c’est le néant (lire ICI). Question programme, c’est le flou le plus complet. Candidat investi par le PS, il devrait en principe promouvoir le programme de son parti, programme complètement modifié par rapport à celui défendu par Benoit Hamon il y a encore un mois. Question orientation politique, c’est l’opportunisme avant tout. Proche de François Hollande au début du mandat, il sera l’un de ceux qui l’auront le plus poignardé à la fin pour tenter d’imposer Manuel Valls. Valls dégagé lors de la primaire du PS, il sera l’un des tous premiers à trahir Benoit Hamon en appelant à voter pour Macron. Puis il frappe à la porte de La République En Marche, en déclarant n’être plus membre du PS qu’il décrit comme mort. Sèchement éconduit par La République En Marche, il retourne penaud reprendre l’investiture du PS pour éviter que celui-ci ne désigne un autre candidat. Aujourd’hui, il se présente « majorité présidentielle, progressiste et républicain », sans sigle et sans logo. La situation reste ambiguë, d'autant plus que depuis quelques jours son nom a disparu du site national de campagne du PS (voir ICI). Rappelons qu’il y a 5 ans, Malek Boutih avait obtenu 34,56% au premier tour, puis 56,84% au second. Son suppléant, le maire de Fleury-Mérogis, David Derrouet a déjà rompu avec lui et envisageait de se présenter, avant de retirer in-extremis sa candidature dans l'attente d'une hypothétique mission sur la condition pénitentiaire. Son seul salut dépend en fait de l’impact électoral que va pouvoir lui apporter son suppléant, Olivier Léonhardt. Tout le staff politique du cabinet du maire de Sainte Geneviève et du cabinet du président de Cœur d’Essonne Agglomération est en effet mis à contribution. Il est vrai qu’au niveau des militants bénévoles et sans lien avec ces deux collectivités, les rangs sont clairsemés. Le PS a implosé. Ainsi à Saint-Michel, plusieurs militants socialistes sincères n’ont pas repris leurs cartes en fin d’année dernière et ont rejoint la campagne de Jean-Luc Mélenchon. D’autres, tout en gardant leurs cartes, se sont engagés dans la campagne de Macron et semblent s’investir désormais (durablement ?) dans La République en Marche. D’autres enfin (anciens proches de Julien Dray) se sont rapprochés du Parti communiste… A St Michel, ne restent plus paraît-il pour soutenir Malek Boutih que les deux conseillères municipales PS, qui se font surtout remarquer par l’approbation des projets les plus controversés de la droite en matière d’urbanisme, de vidéosurveillance et d’aménagements !

- Comme en 2012, Europe Écologie les Verts présentent une candidature, en l’occurrence Isabelle Catrain, conseillère municipale de St Michel. Sa candidature illustre quand même les zigzags du parti vert ces dernières années. La nomination de Nicolas Hulot dans le gouvernement Macron marque une nouvelle division entre ceux qui veulent soutenir son action et ceux qui estime qu’il n’aurait jamais du accepter d’entrer dans un gouvernement aussi productiviste et pro nucléaire. En 2012, la présentation d’un candidat écolo avait du sens dans la suite de l’autonomie revendiquée aux Présidentielles avec la campagne d’Eva Joly. Certes, le candidat écologiste de l’époque n’avait recueilli que 3,49% des suffrages exprimés dans la circonscription. Mais cette année, après le ralliement de la candidature Jadot à Benoit Hamon et l’affichage d’un programme social-écologiste il y a encore un mois, il aurait été plus cohérent que l’alliance se poursuivre avec l’aile Hamoniste du PS.

- Mais visiblement une partie de ceux-ci semblent avoir scellés un accord avec le Parti communiste. La secrétaire adjointe de la section du PS de St Michel se retrouve suppléante de Philippe Rio, maire PC de Grigny. Reprenant quelques slogans de Jean-Luc Mélenchon, comme pour entretenir un certaine confusion, Philippe Rio, par ailleurs vice-président de l’agglomération Grand Paris Sud, dirigé par le maire d’Evry, très proche de Manuel Valls, semble osciller entre différentes postures programmatiques qui peuvent effectivement permettre aux « frondeurs » du PS et à certains anciens amis de Julien Dray, jouant toujours sur différents tableaux, de s’y retrouver un peu. L’essentiel étant sans doute, des deux cotés, de sauvegarder à tout prix les intérêts des appareils politiques du PC et du PS en grignotant des voix pour empêcher comme pour les présidentielles à Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise d’atteindre le second tour. C’est une stratégie discutable qui interpelle au sein même du Parti communiste (lire ICI). Comme trop souvent, le Parti communiste fait des alliances à la carte : Un candidat dans notre 10e circonscription, mais soutien aux Verts dans la 7e (Viry-Savigny) et soutien au PS dans la 3e (Brétigny-Dourdan). Très incohérent en termes programmatique, c'est une opération politicienne à courte vue…

- Dans ce paysage fait de reniements et de contorsions, cette recomposition tourne à la confusion. Ces alliances à géométrie variable ne rehaussent pas un climat politique déjà très délétère. Plus à l’aise dans mon mandat municipal au service de l’intérêt général humain, que dans ces manœuvres politiciennes d’un autre âge, j’essaie donc à mon humble place de rester cohérent et constant dans mes pratiques et mes convictions. Militant libre, sans sectarisme ou attache partisane, je me suis engagé il y a un an en appui de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. J’ai participé aux débats et aux réflexions pour l’élaboration du programme l’Avenir en commun qui a rassemblé plus de 7 millions d’électeurs dans notre pays et 27,84 % des suffrages exprimés dans notre 10e circonscription le 24 avril dernier. Un mois plus tard, je n’ai succombé à aucune sirène, je n’ai pas subitement changé d’avis, ni de posture. Je continue fidèlement et sereinement mon engagement pour promouvoir le même programme, au sein du même mouvement ouvert et pluraliste qu’incarne désormais avec force la France Insoumise. Plus que jamais, il nous faut fédérer le peuple autour d’un programme de transformation sociale, écologique et démocratique. C’est pourquoi je soutiens et je fais tout naturellement campagne pour mon amie Charlotte Girard.

 

Commentaires 

 
+2 #10 michel 28-05-2017 09:50
Un courrier sous enveloppe du maire de sainte Geneviève trouvé dans ma boite aux lettres. Le garçon confond aussi élection législative et cantonale. Que pense-t-il du code du travail, des traités européens, du recrutement des enseignants par les chefs d'établissement ? mystère !
Pour faire des lois positives pour les salariés, il vaut mieux élire Charlotte Girard !
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0 #9 Choix 27-05-2017 17:17
Si l'ancienne "gauche plurielle" (PS-PC-Verts) mettait autant d'ardeur à taper sur le FN et la droite qu'elle le fait face à Mélenchon et la France Insoumise, Macron ne serait peut-être pas président aujourd'hui.
Mais comme il a dans ses bagages Valls, Hue et Hulot, finalement c'est peut-être ce qu'ils préfèrent ?
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0 #8 Michel 27-05-2017 11:57
Tu as vu l'article du parisien ce matin pour la 3e circonscription . Pouzol du PS dit "je ferais parti d'une majorité constructive et vigilante contrôlant les actions du gouvernement"... avec le soutien du PCF!!!
J'ai eu un beau tract de Rio dans ma boite aux lettres ( couleur, format A3), c'est le candidat PCF,-PS-EELV, mais il a soutenu Mélenchon dit-il...
Vive la confusion !
Bon week end, Michel
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+1 #7 Christian 27-05-2017 09:56
Quelle confusion effectivement. Et ce matin à St Michel je vois les mêmes colleurs qui mettent ensemble les affiches de Messieurs Raphan et Rio. Macron et PC main dans la main :) étrange quand même...
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0 #6 POP 27-05-2017 09:49
Une analyse presque digne de Jean Charlot...manque ce zeste d'objectivité...« En somme, l’alternative, c’est le miracle ou la faillite »...
Merci quand même cher Jean-Louis
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+1 #5 valls 26-05-2017 15:26
Le PS est mort (dixit Valls). Gagner du temps, ne parlons plus :)
Emmanuel M. et Manuel V.
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0 #4 Vérité 24-05-2017 15:12
Désolé M. Berland, Sophie Rigault est pleinement engagée en soutien à Marianne Duranton et Bernard Zunino !
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+2 #3 Dr 24-05-2017 10:25
Dray qui complote avec Hamon pour faire battre Boutih, peut-être, mais Dray qui soutient le maire PC de Grigny, ça j'y crois pas ...
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0 #2 Nicole S. 24-05-2017 07:23
Et Hamon soutient le PC Rio !!
Les gens ne comprennent plus rien et l'abstention va encore être le plus grand parti de France.
Seule Charlotte Girard sort de ce panier de crabes et devrait investir l'Assemblée Nationale avec un grand nombre d'Insoumi(e)s
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+1 #1 Bidouillage 24-05-2017 06:26
Merci JL pour cette tentative de décryptage.Ces alliances à géométrie variable c'est vraiment du n'importe quoi. Confusion totale, magouille politicienne... et les même demandent aux électeurs de leur faire confiance. C'est vraiment pitoyable.
ML
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